Interview d’Amine Beqqali, Directeur du développement et de l’asset management d’Anfa Realties
Comment est né le projet Aeria Mall ?
Aeria Mall est une composante du projet immobilier Aeria Park, qui comprend un centre commercial de 25 000 m², 4 000 m² de bureaux aménagés, qui seront inaugurés début 2025, et 150 appartements. Anfa Realties travaille sur ce projet depuis 2018, après avoir remporté l’appel d’offres de l’AUDA (Agence d’Urbanisation et de Développement d’Anfa). Les travaux ont débuté en 2019, et une grande partie du mall a été réalisée pendant la pandémie de Covid-19, tout comme sa commercialisation. Ce fut un réel défi pour respecter les délais, mais Aeria Mall a pu ouvrir ses portes le 1er mars 2023.
Deux ans après son ouverture, comment se porte le centre commercial ?
La première année a été riche en challenges, ce qui est fréquent pour ce type de projet. Cependant, nous sommes aujourd’hui très satisfaits et confiants dans l’avenir. Cela s’explique par le fait que nous avons posé des bases solides en nous faisant accompagner par Sonae Sierra, un leader mondial dans la conception de centres commerciaux. Ainsi, notre emplacement, situé au cœur de Casa-Anfa, bénéficie d’une zone de chalandise idéale abritant une clientèle parfaitement adaptée. Nous avons également porté une attention particulière à l’architecture du mall, qui offre une expérience fluide pour les visiteurs, qu’ils viennent à pied ou en voiture. Enfin, le mix merchandising a été soigneusement étudié, avec une répartition cohérente des enseignes et des loyers adaptés à leurs activités spécifiques.
Comment se déroulent les négociations avec les enseignes ?
Le marché marocain est relativement restreint, avec peu d’enseignes, comparativement à des pays comme la France, où de nombreuses marques émergent chaque année et où le turnover dans les malls est important. Au Maroc, les enseignes de qualité sont rares, ce qui complique la tâche des centres commerciaux. Ces enseignes, solides et fiables, sont très recherchées parce qu’elles respectent les règles de fonctionnement, paient leurs loyers régulièrement, et offrent une valeur ajoutée au centre. Cela place ces enseignes en position de force dans les négociations. Néanmoins, grâce à notre emplacement, nous avons su attirer ces locataires stratégiques.
Face à la multiplication des malls à Casablanca, comment Aeria Mall se positionne-t-il pour attirer les visiteurs ?
Aeria Mall est avant tout un centre commercial de proximité. Nos visiteurs habitent ou travaillent généralement dans les environs. Par conséquent, la concurrence des nouveaux malls construits en périphérie de Casablanca nous impacte peu.
En revanche, le secteur du retail est en difficulté, notamment à cause de la baisse du pouvoir d’achat des ménages, liée aux crises successives : pandémie, sécheresse, séisme, inflation… Cela a affecté la consommation des Marocains, surtout dans la classe moyenne. Ce phénomène est similaire dans d’autres pays, comme la France mais là-bas, la profondeur du marché permet un turnover important : dans certains malls, 25 % des locataires ont changé ces dernières années. Ce mécanisme est plus difficile à appliquer au Maroc, où le marché reste limité.
Quelles sont vos stratégies pour continuer à attirer du monde à Aeria Mall ?
Nous déployons plusieurs stratégies pour maintenir un flux constant de visiteurs. Les locomotives jouent toujours un rôle fondamental : au-delà du superpermarché, nous avons intégré des espaces de loisirs, des magasins d’électroménager et des offres de restauration qui attirent un public diversifié. Nous allons aussi inaugurer notre cinéma prochainement, un projet très attendu par nos clients. Cela contribuera à renforcer l’attractivité du mall. En parallèle, nous investissons beaucoup dans l’animation commerciale et marketing. Cela inclut des événements éphémères, desthématiques saisonnières et des temps forts comme le Black Friday ou Noël. Ces activations, organisées en partenariat avec nos enseignes, nous permettent de dynamiser le centre tout au long de l’année et de fidéliser nos visiteurs.
Thomas Brun
