Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) plaide pour une réforme en profondeur du système de formation continue dans le secteur privé. Dans un avis rendu public mardi 3 juin, l’institution recommande la création d’une instance nationale indépendante chargée du pilotage et de la gestion du dispositif, afin d’en améliorer l’efficacité, l’accessibilité et l’équité.
Si la formation continue s’est progressivement imposée comme un levier de compétitivité pour les entreprises et de valorisation du capital humain, le CESE estime que le système actuel demeure marqué par de fortes limites structurelles. En 2022, moins de 0,5 % des entreprises cotisantes ont bénéficié des Contrats spéciaux de formation (CSF), tandis que les travailleurs indépendants et non-salariés restent largement exclus du dispositif.
L’institution pointe également la complexité des procédures administratives, les délais de remboursement pénalisants pour les TPME, ainsi que la forte concentration géographique de l’offre de formation qualifiée. À cela s’ajoute une faible reconnaissance des acquis de l’expérience professionnelle, alors même qu’une part importante de la population active ne dispose d’aucun diplôme.
Pour remédier à ces insuffisances, le CESE préconise notamment l’affectation effective de 30 % de la taxe de formation professionnelle à un fonds dédié, la mise en place d’une plateforme numérique nationale pour simplifier les démarches, ainsi qu’un soutien renforcé aux très petites entreprises. Il recommande également le développement de formations hybrides et à distance, mieux adaptées aux contraintes des actifs et des territoires.
À travers cette réforme, le Conseil entend faire de la formation continue un véritable droit pour les travailleurs et un outil stratégique au service de la compétitivité de l’économie nationale.
