Région Souss-Massa

Agadir, chantier à ciel ouvert

Depuis deux ans, Agadir multiplie les chantiers à un rythme effréné pour réaliser les 94 projets du Programme de développement urbain 2020-2024. Reflet de la vision royale pour le Souss-Massa, cette ambitieuse initiative de 6 milliards de dirhams concerne tous les domaines de la ville.

60 ans après le séisme dévastateur du 29 février 1960, le roi Mohammed VI a lancé, début 2020, un ambitieux chantier pour la capitale du Souss-Massa : le Programme de développement urbain d’Agadir (PDU) 2020-2024. En mobilisant plus de 6 milliards de dirhams, dans le cadre de 94 projets, ce plan a pour objectif d’ériger la métropole en pôle économique compétitif et attractif, capable de relever le défi de la régionalisation avancée et de conforter son rayonnement national et international. Dès le lendemain de son annonce, les acteurs locaux ont démarré sa mise en œuvre, en lançant plusieurs dizaines de projets. Ainsi, depuis 2 ans, les chantiers, organisés autour de 6 grands axes thématiques, se multiplient dans la ville.

Une ligne de bus à haut niveau de service

Le 1er axe du programme concerne la réalisation d’une première ligne de bus à haut niveau de service (BHNS) – des véhicules articulés qui disposent d’une voie réservée et optimisée pour garantir leur temps de trajet. D’une longueur de 15,5 km, Amalway Agadir Trambus reliera le port au quartier de Tikiouine et aux zones industrielles avoisinantes. Avec 35 stations, la ligne desservira entre autres le quartier administratif de la ville, Souk El Had, le complexe universitaire Ibn Zohr et la zone industrielle de Tassila. Cet immense chantier, qui a débuté en mars 2021, devrait s’achever en 2023, avec la mise en service d’une trentaine de BHNS.

Renforcer les infrastructures

Le 2e axe concerne le renforcement des infrastructures et le décongestionnement de la ville. Il porte notamment sur la réalisation d’une première tranche de la voie de contournement nord-est, d’une longueur de près de 25 km, reliant l’aéroport d’Agadir Al-Massira au port commercial. De même, le PDU prévoit la réhabilitation et l’extension de l’axe routier est-ouest, la mise à niveau du réseau routier urbain, l’aménagement des principales avenues, la construction de deux parkings souterrains au parc Al Inbiaât et à Souk Al, ainsi que le renforcement du réseau d’éclairage public sans oublier l’installation d’un réseau de vidéosurveillance. Là encore, ces nombreux projets sont en cours de réalisation et font de la métropole un véritable chantier à ciel ouvert !

Améliorer la zone touristique

Espéré depuis de nombreuses années, l’aménagement urbain de la zone touristique fait l’objet du 3e axe du programme dont l’objectif est de renforcer l’attractivité d’Agadir. Ainsi, la réhabilitation de la corniche, qui débutera prochainement, sera accompagnée de nouveaux équipements publics, tels que le musée Timitar (dédié à la culture amazighe) ou un bureau d’information touristique.

Plus généralement, la zone côtière sera rénovée. Ce chantier inclut notamment la réhabilitation du parc de « La vallée des oiseaux » ainsi que la création de quatre circuits thématiques pour les touristes : commercial, ludique, culturel et sportif.

Préserver l’environnement

La préservation de l’environnement et l’aménagement des espaces verts sont au cœur du 4e axe du PDU. En novembre 2021, la construction du parc Al Inbiâat, sur 25 ha, a commencé, en attendant celle du parc de Tikiouine, sur 28 ha. De même, il est prévu la restructuration du parc Ibn Zaidoun et du jardin d’Olhaou, ainsi que la réhabilitation de plusieurs jardins et places publiques de la ville. À noter qu’il est prévu d’arroser l’ensemble des espaces verts et des golfs avec des eaux usées traitées, conformément aux Hautes Orientations Royales concernant la valorisation des eaux usées et la préservation des ressources hydriques.

Promouvoir la culture

5e axe du programme, la promotion culturelle et la mise en valeur du patrimoine et des lieux de culte concernent eux aussi de très nombreux projets. Au niveau du patrimoine, il s’agit principalement de rénover la Casbah d’Agadir Oufella, de créer un musée du patrimoine amazigh et de réaménager l’ancien siège de Bank Al-Maghrib en vue de le reconvertir, dès 2022, en musée retraçant l’histoire de la reconstruction de la ville. Sur le plan culturel, le PDU prévoit essentiellement la création d’une médiathèque et d’un centre des archives, la construction d’un grand théâtre, la mise en place d’un centre culturel au quartier Founty, ainsi que la réalisation et l’équipement d’un centre d’épanouissement culturel et artistique. Enfin, en ce qui concerne les lieux de culte, le plan intègre la construction d’un complexe religieux, administratif et culturel au quartier Founty et d’une mosquée à Hay Essalam.

Renforcer les équipements sociaux

Dernier axe du PDU, le renforcement des équipements sociaux de base est également très attendu. Son objectif est de mettre à niveau les quartiers les moins développés et d’améliorer le cadre de vie des citoyens. En ce sens, vingt terrains de proximité, avec des espaces de loisirs et des terrains de sports, ont déjà été aménagés dès la première année. D’autres projets ont aussi été lancés dans plusieurs quartiers, comme la construction de quatre piscines, de huit établissements scolaires et de quatre centres sociosportifs et socioculturels. Par ailleurs, le 6e axe du PDU prévoit également des équipements médicaux, tels qu’un centre de diagnostic de la tuberculose et des maladies respiratoires, une clinique de jour et un hôpital psychiatrique.

Si la ville réussit l’exploit de réaliser et financer ces 94 projets d’ici 2024, nul doute qu’Agadir sera métamorphosée et parfaitement armée pour relever de grands défis économiques, au même titre que Casablanca, Rabat ou Tanger aujourd’hui. De plus, avec l’arrivée de la LGV dans la métropole, qui pourrait se concrétiser d’ici 2040, la capitale du Souss-Massa prendra véritablement une envergure continentale.

Thomas Brun

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