Région Souss-Massa

Entretien avec Mostafa Bouderka

« Nous voulons qu’Agadir retrouve son lustre d’antan »

Entretien avec Mostafa Bouderka, Premier Vice-Président du Conseil Municipal de la ville d’Agadir

À la suite des dernières élections, le nouveau maire d’Agadir, Aziz Akhannouch, est également chef du Gouvernement : comment allez-vous vous organiser ?

 Nous sommes une équipe très complémentaire et nous travaillons en étroite collaboration avec le Président du Conseil Municipal. Après un premier mois très chargé pour lui, suite aux élections, nous avons trouvé un bon équilibre et nous constatons sa très grande implication à Agadir, où il vient très souvent. Nous considérons que c’est une aubaine pour la ville d’avoir le Premier Ministre comme maire.

Quelques semaines après votre élection, quel regard portez-vous sur la ville d’Agadir et sa région?

Agadir est une ville qui va très mal et c’est d’ailleurs ce constat qui nous a amenés à nous présenter à ces élections. La ville manque d’infrastructures et le taux de chômage est élevé. En 2013, Agadir était le 2e pôle économique du Maroc, alors qu’aujourd’hui nous sommes derrière les régions de Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceima, qui représentent 58 % du PIB ! Nous ne sommes plus au niveau. Agadir est devenue une ville touristique sans touristes, notamment parce que l’aéroport n’est pas assez desservi. Même le secteur de la pêche est en déclin, tandis que l’agriculture souffre toujours du manque d’eau. Le problème est que la région d’Agadir ne s’est pas assez développée dans ces différents secteurs. Nous avons beaucoup de retard.

Depuis deux ans, la pandémie de Covid-19 a durement touché letourisme:commentrebondir?Le tourisme international est très impacté par la crise, encore aujourd’hui, tandis que le tourisme national permet de surnager un peu. Nous sommes dans une période d’incertitude, car les marchés émetteurs connaissent une reprise de l’épidémie et nous ne savons pas comment cela évoluera dans les prochaines semaines et les prochains mois.

En attendant, nous ne restons pas les bras croisés et nous cherchons à améliorer la ville pour attirer toujours plus de monde. Il y a notamment le Plan de Développement Urbain (PDU), initié par Sa Majesté, qui va métamorphoser Agadir : les nombreux chantiers avancent rapidement et de nouveaux vont être lancés, par exemple au niveau de la corniche dans quelques semaines ou celui du futur téléphérique. Nous voulons aussidévelopperl’offreculturelle,avecdenouveauxmusées,denouveaux festivals et un nouveau cinéma notamment. L’objectif est de compléter l’offre balnéaire (qui s’enrichit également avec l’amélioration des plages du Nord et du Sud) avec d’autres animations dans la ville. Enfin, nous pouvons aussi citer la construction du palais des congrès, qui sera un atout pour le tourisme d’affaires.

En dehors du tourisme, quels sont les projets qui devraient porter le développement d’Agadir dans les prochaines années ?

Auparavant, Agadir attirait les investisseurs et créait des emplois. Il faut donc retrouver cette dynamique en favorisant la relance. Nous sommes dans une logique de développement pour attirer des entreprises nationalesetinternationales.Plusieursprogrammesontétésignésdevant Sa Majesté ces dernières années et il faut les réussir. Le PDU prévoit, par exemple, la création de nouveaux quartiers industriels qui devraient attirer des investisseurs.

De plus, nous voulons faire d’Agadir la ville des jeunes, en améliorant la qualité de l’enseignement. Nous avons actuellement 140 000 étudiants à l’université et nous voulons leur offrir de meilleurs diplômes pour s’insérer plus facilement dans le monde du travail. C’est également dans ce cadre que nous allons ouvrir un institut de formation de 20 hectares, qui permettra, entre autres, de favoriser la déclinaison de l’écosystème automobile au sein de notre région.

Et qu’en est-il de l’agriculture et de la pêche?

L’agriculture est un pilier de la région qui va bénéficier de la nouvelle station de dessalement de l’eau de mer d’ici quelques semaines. Cela va résoudre un grand problème, puisqu’en plus de l’eau potable pour les populations, elle offrira également de l’eau pour l’irrigation du Souss-Massa. L’agriculture et la pêche vont aussi permettre de développer l’industrie agroalimentaire, qui concerne de nombreux projets dans les nouveaux quartiers industriels d’Agadir.

Plus globalement, quelle est votre ambition pour Agadir?

Nous voulons qu’Agadir retrouve son lustre d’antan : une ville dynamique qui attire des gens de tout le Maroc, mais aussi du monde entier. Elle doit retrouver sa place nationale, complémentaire des autres grandes villes du Royaume, avec son climat, sa culture et son environnement naturel. Nous sommes tournés vers l’avenir, avec des projets ambitieux tels que la future LGV, annoncée par Sa Majesté, qui viendront renforcer la place d’Agadir comme porte vers l’Afrique.

Propos recueillis par Thomas Brun

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