La quatrième édition du GITEX Africa Morocco a ouvert ses portes mardi 7 avril à Marrakech, confirmant l’ancrage du Royaume comme hub technologique continental. Présenté comme le plus grand rendez-vous numérique d’Afrique, l’événement réunit cette année quelque 50.000 participants et plus de 1.450 exposants issus de 130 pays, un niveau de participation en nette progression.
Placée sous le Haut Patronage du Mohammed VI, la cérémonie d’ouverture a été marquée par l’intervention du Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, aux côtés de membres de l’exécutif, d’investisseurs et d’acteurs publics et privés. Tous ont souligné l’importance stratégique de l’économie numérique dans les trajectoires de développement africaines, dans un contexte de concurrence accrue entre pôles technologiques.
Organisée par le ministère de la Transition numérique, en partenariat avec l’Agence de développement du digital et KAOUN International, cette édition s’articule autour du thème de l’intelligence artificielle comme levier de transformation. L’ambition affichée est claire : faire converger innovation globale et priorités africaines, notamment en matière de souveraineté technologique et de résilience économique.
Des priorités technologiques au cœur des débats
Au-delà des annonces, le salon met en lumière plusieurs secteurs jugés structurants. Les infrastructures pour data centers, encore insuffisantes sur le continent, occupent une place centrale, tout comme la fintech, portée par l’essor du mobile money et des solutions de paiement transfrontalier. L’objectif est d’accompagner une inclusion financière encore incomplète, tout en anticipant les mutations induites par l’intelligence artificielle.
D’autres segments émergent, à l’image de la mobilité intelligente — entre électrification et connectivité — ou encore du sport, où les technologies de performance et d’engagement des publics gagnent du terrain. En parallèle, la cybersécurité s’impose comme un enjeu transversal. Un programme spécifique, développé avec la Direction Générale de la Sécurité des Systèmes d’Information, met l’accent sur la protection des infrastructures critiques face à des menaces de plus en plus sophistiquées.
Dans ce cadre, le sommet “Strategic Digital Defence AI Readiness” (STAR) doit favoriser des échanges de haut niveau autour de la sécurisation des écosystèmes numériques africains. Une thématique qui reflète une préoccupation croissante des États et des entreprises face à l’intensification des cyber-risques.
Au fil des éditions, le GITEX Africa Morocco s’impose ainsi comme une plateforme de dialogue et de mise en relation, mais aussi comme un baromètre des priorités numériques du continent. Si les ambitions sont élevées, leur concrétisation dépendra de la capacité des acteurs à transformer ces échanges en projets structurants, dans un environnement encore marqué par des disparités d’infrastructures et de compétences.
