Mo Baala, entre chaos et cosmos

Natif de Casablanca, Mo Baala a grandi à Taroudant avant de voir son talent exploser à Marrakech. Portrait d’un artiste pas comme les autres.

Il n’a pas quarante ans et pourtant, il est considéré aujourd’hui comme un des artistes les plus originaux du pays. Artiste multiforme et pluridisciplinaire, Mo Baala, qui n’a jamais fait de Beaux-arts, étonne et dérange à la fois.

C’est en 2016, lors la Biennale de Marrakech que le grand public originaire du pays et d’ailleurs fait la découverte de Mo et de ses toiles. Depuis, il multiplie les participations dans bon nombre d’expositions collectives au Maroc, mais aussi en France, en Italie et en Allemagne. Dès 2017, il reçoit le Prix de la Nuit de l’Instant 2017, commissariat de la galerie 127 à Marseille. La même année, il expose au Comptoir des Mines de Marrakech, puis au Macaal dans le cadre d’une exposition collective et se fait présenter dans bon nombre de foires d’art et de salons internationaux. 

En 2018, il revient au Comptoir des Mines pour sa première exposition personnelle, avec « Be your heart ». L’année suivante, il se fait connaitre auprès du public casablancais, à l’Atelier 21. Mo Baala expose ses œuvres à Tanger, à la galerie Delacroix dans le cadre d’une exposition intitulée « Absence et présence, fragments entre la main et le cerveau ». Il revient à Casablanca en 2023, à l’Atelier 21, pour un autre rendez-vous avec ses œuvres, dans une expo, « Maybe the shadows are all I have, la phénoménologie d’une enfance ». Une enfance qui a été capitale dans sa construction en tant qu’artiste.

L’enfance comme matériau

A Taroudant, où il a grandi, Mo Baala qui a quitté l’école très tôt, multiplie les petits métiers. De la cordonnerie, il passe à la collecte des déchets avant de s’installer durablement dans le souk de Taroudant où il gagne sa vie dans le commerce avec les touristes. De tous ces métiers, Mo va puiser son inspiration que ce soit dans les formes, le choix des couleurs et l’utilisation des différents matériaux (cuir, textile, papier…). Le souk sera aussi le lieu de sa renaissance. C’est dans cet espace-là que son aventure avec l’art commence, tout d’abord avec le collage. Ce même souk va réconcilier Mo Baala avec le monde du savoir, grâce au bouquiniste de la joutiya, qui l’invite et l’aide à découvrir les grands classiques de la littérature arabe et mondiale. Et c’est également au souk, et à partir de rencontres qui allaient être décisives dans la vie du jeune Mo, qu’il va explorer la poésie, la philosophie et surtout l’histoire de l’art. En parfait autodidacte, il se nourrit des rencontres du souk, part à la rencontre des écoles de l’art et se construit une grande culture générale qui va innerver sa création artistique. Il saura faire usage de ces connaissances en l’intégrant dans une quête personnelle de sens, de son art, de sa vie et surtout de l’enfance qu’il a eue. Ses dessins, peintures, sculptures et autres collages témoignent de cette recherche de sens, et de cette dualité entre ordre et désordre, chaos et cosmos. Sa dernière exposition intitulée, « Under the silver tree » est à la MCC Gallery à Marrakech et court jusqu’à mai prochain…

                                                                                                                      Hicham Houdaïfa

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