Le Cercle Shahrazade fête son quart de siècle d’existence. A son actif, des années de travail avec les jeunes afin de leur donner goût à la lecture.
Animé en grande partie par des enseignants, le Cercle Shahrazade s’est investi dès sa création, début des années 2000, dans des ateliers de lecture et d’écriture au profit des jeunes, au sein même des établissements scolaires de Casablanca et des autres villes. Un travail réalisé en collaboration avec les Académies, dans les écoles primaires, collèges, lycées et universités en se concentrant sur trois registres, le conte, la nouvelle et la poésie. « Le Cercle Shahrazade est une association culturelle et éducative. J’étais responsable de l’animation au sein de l’académie de Hay Hassani et inspectrice des bibliothèques scolaires. A ce titre et à travers quelques ateliers dans les bibliothèques, j’ai pu constater que, contrairement à tout ce qui se disait, les jeunes ont soif d’activités culturelles », se rappelle encore la fondatrice, Latifa Liraqui, aujourd’hui à la retraite. Et d’ajouter : « Etant moi-même enseignante à l’origine ainsi que la plupart des membres du Cercle, il était naturel pour nous de viser les élèves, d’autant plus que nous étions conscients des défaillances du système scolaire en ce qui concerne la prise en compte du vécu et de l’imaginaire de ces jeunes. »
« Asswat chabba khalfa lkotbane »
L’association a multiplié ses actions de promotion de la lecture dans les lieux publics, dans les institutions culturelles, les librairies, au Salon du livre ainsi que dans la Islahiya, le centre de réforme destiné aux mineurs. « Pendant des années, notre activité de base a été l’organisation d’ateliers de lecture/écriture dans les collèges et lycées à Casablanca et dans le monde rural. Notre action s’est élargie au centre de réforme d’Oukacha où durant des années nous avons organisé et animé le même type d’ateliers ainsi qu’au Centre d’éducation pour adultes où nos ateliers visaient les femmes alphabétisées », ajoute Mme Liraqui. Résultat : les jeunes détenus se sont mis à la création. Un livre, écrit par ces jeunes-là, a vu le jour : Asswat chabba khalfa lkotbane (De jeunes voix derrière les barreaux). Afin d’intéresser un plus large public, le Cercle de Shahrazade s’est intéressé aux traditions orales. L’association a ainsi fait du conte un de ses axes majeurs d’action, notamment dans les écoles. Le Cercle Shahrazade a également utilisé le conte dans des ateliers au profit des enfants en situation de handicap et des femmes battues. Enfin, l’association a formé au conte des dizaines de jeunes, des élèves et des collégiens en grande majorité. « A la création de l’association, j’ai bénéficié d’ateliers de formation animés par d’éminents conteurs, tel que Jean Roger Rolland », se souvient Hafida Hamoud, la conteuse du Cercle. Hafida a ainsi mis son talent de conteuse au profit des bénéficiaires des ateliers du Cercle Shahrazade.
En 2019, l’association lance les Hikayate de Shahrazade. Les membres de l’association ont animé durant trois ans, des dizaines d’ateliers de formation dans le Nord du pays, à Tanger, Tétouan, Martil, Medieq, Fnideq et Belyounech ainsi qu’à Beni Mellal, Afourar, Marrakech et Tahanaout. Ces ateliers qui, ciblaient les jeunes femmes de ces régions avaient comme dénominateur commun, de véhiculer à travers le conte, des valeurs essentielles tel que l’égalité femmes hommes, l’estime de soi, mais aussi l’utilisation de l’esprit critique. Aujourd’hui, les membres de l’association ont décidé de revenir à leur premier amour. « Nous nous concentrons sur la construction de bibliothèques dans les lycées publics. Nous en avons réalisé trois jusqu’à présent, à Casablanca, Tétouan et Tahanaout. On travaille également sur l’animation et la médiation dans ces lieux », conclut Tayeb Adlouni, Président de l’association.
