Eaux et forêts au Maroc

Feux de forêt : quel dispositif face à un risque croissant ?

À l’approche des mois chauds, revient chaque année la problématique des incendies de forêt au Maroc. Panorama des principaux leviers mis en œuvre pour lutter contre un des ennemis majeurs de la forêt.

u Maroc, la gestion des feux de forêt est considérée par les pouvoirs publics comme prioritaire. Pour remédier à ce fléau, un Plan directeur de lutte contre les incendies de forêt (PDCI) a vu le jour en 2001. « Ce plan représente aujourd’hui le premier document de programmation, élaboré en partenariat avec les différents services concernés par la gestion des feux de forêt. Sa mise en œuvre a permis la réalisation d’actions importantes, en termes de surveillance et d’équipement de l’espace forestier, de sensibilisation du public, d’acquisition de véhicules et de matériel, d’équipement des unités de lutte contre les incendies en matériel adapté, d’entretien et d’exploitation de la flotte aérienne et enfin d’adoption d’une procédure interdépartementale de coordination des opérations de lutte contre les incendies », peut-on ainsi lire sur le site l’Agence nationale des eaux et forêts.

Le mode de gouvernance est essentiellement basé sur la coordination entre les différentes parties prenantes de la gestion des incendies de forêt. Cela va des départements des Eaux et forêts aux forces auxiliaires en passant par les Ministères de l’Intérieur, de l’Économie et des Finances, de l’Équipement et de l’eau, la Protection civile, la Gendarmerie royale, les Forces armées royales, les Forces royales air… Tous font partie d’un comité directeur qui assure la coordination à l’échelle nationale.

En termes d’investissements, l’Agence nationale des eaux et forêts a réservé un budget de 150 millions de dirhams en 2022. Ce budget a été destiné à l’analyse de risques, à la prévention, à la surveillance et à l’intervention. Quant à l’armée de l’air, depuis février 2011, elle a investi dans une flotte d’appareils Canadair dont le dernier a été récemment été livré. Le Maroc dispose aujourd’hui d’une flotte de six avions et devrait en recevoir deux autres.

Le Nord, région la plus touchée

Selon l’Agence nationale des eaux et forêts, « en moyenne, 295 feux incendient 2980 ha par an. Ce qui représente 0,04 % de la superficie forestière totale du pays. Durant la période 1960-2019, il y a eu 17711 départs de feux et une superficie totale endommagée de près de 178 773 ha. Des maximas ont été enregistrés en 1983 et 2004 avec respectivement 11 000 ha et 8 660 ha de surfaces brûlées. » C’est la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima qui est la plus touchée, et de loin, avec 170 incendies et 1 600 ha brûlés. D’autres provinces sont également concernées : Chefchaouen, Tétouan, Tanger, Larache, Ouazzane, Taza, Nador, Rabat, Khénifra, Agadir…

Deux facteurs sont à l’origine des feux de forêt : les causes naturelles et les causes humaines. Mais tous les rapports indiquent que l’écrasante majorité des incendies de forêt sont d’origine humaine, en particulier les cas classiques de mégots de cigarettes non éteints, mais aussi les brûlis sauvages pour exploiter plus de terres agricoles.

Ce qui est sûr, c’est qu’avec le réchauffement climatique, les risques d’incendie dans nos forêts vont certainement augmenter et, même si le Maroc n’est pas touché avec la même intensité que ses voisins méditerranéens, l’impact de ces incendies n’en demeure pas moins majeur. À cause d’un climat de plus en plus aride, les espaces touchés par les incendies se régénèrent encore plus difficilement. Les opérations de reboisement sont ainsi d’autant plus importantes afin d’aider ces couverts forestiers à se reconstituer.

Younes Baâmrani

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