Place aux lettres à Tanger

La ville du Détroit vit aux rythmes des lettres et des arts avec les Rencontres méditerranéennes de Tanger. Un événement porté par la Fondation Founoun Al Boughaz. Quatre jours de rendez-vous littéraires, d’expositions d’art et de conférences, c’est ce que nous a concocté la Fondation Founoun Al Boughaz (Arts du Détroit), une structure qui a vu le jour grâce à l’incontournable Librairie des Colonnes.

Un événement qui perpétue le mythe de cette ville dont le nom est naturellement associé à la littérature, avec bien évidemment Mohammed Choukri et Paul Bowles, mais aussi tous ces écrivains qui ont été, à un moment ou un autre, épris par la ville blanche : Jack Kerouac, William Burroughs, Jean Genet, Joseph Kessel et bien d’autres.

Un héritage à partager !

C’est en voulant rendre hommage à tout cet héritage que la Fondation en collaboration avec le Ministère de la Culture a décidé d’organiser des Rencontres méditerranéennes.

Avec comme principal objectif : la célébration du patrimoine littéraire de la ville. « Tanger a toujours été un carrefour culturel unique, à la croisée des chemins entre l’Europe et l’Afrique. Cette ville a attiré des artistes et des écrivains de renommée mondiale, en raison de son ambiance cosmopolite et de son riche héritage. Tanger a su nourrir l’inspiration de nombreux créateurs venus de divers horizons, en offrant un lieu où se rencontrent et se mélangent les influences culturelles, littéraires et artistiques. Elle incarne parfaitement l’idée de dialogue interculturel, un élément fondamental des Rencontres Méditerranéennes, et c’est pour cette raison qu’elle s’imposait naturellement comme la ville idéale pour accueillir cet événement », nous explique Khalid Tamer, co-fondateur de l’événement et un des propriétaires de la Librairie des Colonnes.

Les Rencontres démarrent avec une exposition d’art contemporain méditerranéen, rassemblant peintres, sculpteurs, photographes, avec la participation d’artistes venus de tout le pourtour méditerranéen, et avec comme point commun, un travail sur les réalités et les imaginaires de la Méditerranée contemporaine. L’inauguration de cet événement et des Rencontres se fait en présence d’un autre écrivain tangérois, Tahar Benjelloun. Cette première édition présente plein de têtes d’affiche. Tout d’abord, le public a rendez-vous avec le penseur Rachid Benzine pour parler de coexistence religieuse et spiritualité au Maroc. Une conférence animée par Albert Dichy, est-elle, dédiée à l’héritage de Jean Genet. Une table ronde intitulée « Tanger littéraire : une histoire de la mer » se penche sur la relation de la ville avec la mer, à travers la poésie, la fiction, la traduction et le cinéma. D’autres événements se penchent sur la littérature ibérique et ses influences méditerranéennes, mais aussi sur la littérature libanaise.

Une conférence regroupe trois auteurs de renom, Maï-Do Hamisultane, Amoudi Mokhtar et Souad Jamai, pour nous parler de comment écrire pour la ville, mais aussi de la ville-remède. Un hommage est également rendu au grand écrivain marocain Edmon Amran El Maleh. Enfin, le moment fort de ces Rencontres reste la conversation entre le romancier et essayiste Mustapha Kebir Ammi et Tahar Benjelloun, qui a lieu à la Librairie des Colonnes, la soirée du 21 juin. Bref, d’autres ateliers, conférences et projections sont organisés « pour approfondir la réflexion sur le rôle de l’art dans les dynamiques sociales, culturelles et politiques de la Méditerranée. » Les initiateurs de ces Rencontres pensent déjà à la deuxième édition, mais pas que : « Je souhaiterais lancer avec la libraire des colonnes, un prix du livre, une résidence d’artiste et créer un café littéraire », conclut enthousiaste Khalid Tamer.

Younes Baâmrani

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