Sept ans après la COP22 organisée à Marrakech, la 28e Conférence des parties sur les changements climatiques (COP28) aura lieu à Dubaï du 30 novembre au 23 décembre 2023. Elle sera notamment l’occasion de faire le premier bilan mondial de l’Accord de Paris.
Comme chaque année depuis 1995*, la Conférence des parties (COP) réunira dans quelques jours les 198 « parties », c’est-à-dire 197 États et l’Union européenne, signataires de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Son objectif principal est d’adopter un texte annuel comprenant des mesures qui visent à limiter le réchauffement climatique.
Quelques avancées lors des précédentes COP
En 2021, à Glasgow, la COP26 a désigné pour la première fois les combustibles fossiles et le charbon comme principales causes du réchauffement climatique, tout en appelant à réduire leur utilisation. Puis, l’an dernier, lors de la COP27 tenue à Charm el- Cheikh, plusieurs autres avancées ont été obtenues
Ainsi, l’un des principaux accords a concerné la création d’un fonds « pertes et dommages » pour soutenir les pays en développement. En effet, « les pays les plus pauvres » n’étant que très peu responsables du dérèglement climatique, il a été convenu que « les pays les plus riches » participeraient au financement de leur « dette climatique », en couvrant les coûts des dégâts causés par « les conséquences d’événements climatiques brutaux liés au changement climatique » et « les effets lents du réchauffement climatique ». Cependant, les modalités de ce fonds n’ont toujours pas été fixées à ce jour, alors qu’elles sont attendues d’ici la prochaine COP.
Attentes et questionnements autour de la COP28
Ainsi, la COP28, qui se tiendra à Dubaï, du 30 novembre au 23 décembre 2023, suscite beaucoup d’attentes et de questionnements. Son organisation aux Émirats arabes unis et le choix de son président, Sultan Al Jaber, qui dirige la compagnie pétrolière émiratie, ont été critiqués par les défenseurs de l’environnement, mais également défendus par ceux qui y voient une véritable occasion d’avancer sur la transition énergétique. Il s’agira en effet de l’un des grands dossiers de la COP28, puisque la présidence émiratie veut défendre plusieurs objectifs concrets à atteindre d’ici 2030 : doubler la production d’hydrogène, tripler la capacité des énergies renouvelables dans le monde, ou encore doubler l’amélioration de l’efficacité énergétique.
Un premier bilan mondial de l’Accord de Paris
La prochaine COP sera aussi l’occasion de réaliser le premier bilan mondial de l’Accord de Paris, signé en 2015 lors de la COP21. Un rapport publié par la CCNUCC en septembre dernier servira de base à l’évaluation. Ce document reprend les rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et dresse l’inventaire des mesures prises par l’ensemble des pays pour respecter l’Accord de Paris, et notamment son objectif de limiter le réchauffement à 1,5 °C. Et le résultat n’est, pour le moins, pas à la hauteur des attentes : selon le rapport, « les émissions mondiales ne sont pas conformes aux trajectoires d’atténuation cohérentes avec l’objectif de température de l’Accord de Paris. Il existe une fenêtre de plus en plus étroite pour relever les ambitions et mettre en œuvre les engagements existants afin de limiter le réchauffement à 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels. » Les participants à la COP28 devront donc convenir que « le monde n’est pas sur la bonne voie pour atteindre les objectifs à long terme », notamment parce que les émissions de gaz à effet de serre sont toujours en augmentation au niveau mondial, alors qu’elles devraient dorénavant reculer.
Plus généralement, force est de constater qu’après bientôt 30 années de réunions annuelles et d’accords entre les parties, le bilan des COP est relativement décevant et loin des espoirs suscités lors de leur création.
Thomas Brun
* À l’exception de la COP26, décalée d’un an en raison de la pandémie de COVID-19.

