Du 28 septembre jusqu’au 20 décembre prochain, la Cinémathèque marocaine de Rabat propose son « Marathon du cinéma », pour le plus grand plaisir des amoureux du septième art.
Samedi 4 octobre, début de la soirée. Le public de la splendide salle du cinéma 7ème Art au centre-ville de Rabat a rendez-vous avec une production cinématographique marocaine pas comme les autres. Il s’agit du film de Mohamed Abderrahmane Tazi, « À la recherche du mari de ma femme ». Une œuvre magistrale du cinéma marocain, mais également très populaire, puisqu’à sa sortie en 1992, le film a été un grand succès dans les salles de cinéma du Maroc. Porté par la prestation d’un grand El Bachir Skirej, d’Amina Rachid et de Naïma Lemcharki, le film va révéler les talents de Mouna Fettou, alors encore débutante.
Un zoom sur l’Italie
Le film de Abderrahmane Tazi fait partie des œuvres programmées par la Cinémathèque de Rabat, dans le cadre du « Marathon du cinéma », une initiative qui a pour but de « traverser 100 ans de cinéma à travers 100 films. » Le public de Rabat a le choix de voir ces films à la salle de la Cinémathèque marocaine ou à la salle 7ème Art, nouvellement rénovée. Au programme, du cinéma marocain bien entendu, mais également des œuvres culte qui ont marqué le cinéma mondial, des classiques, des documentaires, des films d’animation, de l’expérimental, des courts-métrages ainsi que du cinéma arabe. Autant dire, tout ce qui a fait la richesse de cet art majeur durant ces cent dernières années. Des séances de cinéma sont prévues tous les jours, avec des rendez-vous l’après-midi et en début de soirée. Le public peut ainsi découvrir les grands noms du cinéma : Eisenstein, Truffaut, Orson Wells ainsi que les grands réalisateurs marocains : Latif Lahlou, Nouredine Lakhmari, Faouzi Bensaïdi… Un hommage est également rendu à l’âge d’or du cinéma italien avec les Fellini, Antonioni et Visconti. Derrière cette belle initiative se trouve la cinémathèque marocaine, une structure qui a vu le jour en février dernier et qui est dirigée par Narjis Nejjar, une cinéaste marocaine de renom, connu pour ses films, Les Yeux secs (2003), Wake up Morocco (2006) et Apatride (2018).
La cinémathèque marocaine se propose donc « d’offrir un espace dédié à la conservation, la documentation et la restauration du patrimoine cinématographique national, ainsi que la promotion d’œuvres cinématographiques marocaines et internationales ». Autre objectif déclaré de la création de cette structure : la promotion du cinéma marocain auprès des nouvelles générations. La Cinémathèque Marocaine, c’est tout d’abord un centre de conservation qui vise à préserver et restaurer des archives cinématographiques Marocaines et Africaines. « L’ensemble de notre collection totalise 15 000 négatifs originaux et 30 000 copies d’exploitation. Nos premières images datent de 1905 », peut-on lire sur le site de la cinémathèque. La Cinémathèque dispose aussi de sa médiathèque bibliothèque du film : un espace destiné à tous ceux qui s’intéressent aux ressources, écrites ou filmiques. Des chercheurs, mais également des étudiants ou autres critiques de cinéma. C’est également le lieu d’ateliers ciné-jeunes, afin d’initier ce public au septième art et à ses différents métiers. Autre fait d’armes de cette jeune cinémathèque, la signature d’un partenariat stratégique avec l’Institut national de l’audiovisuel (INA). À l’issue de cet accord d’une durée de cinq ans, l’INA va mettre à la disposition de la Cinémathèque marocaine un premier corpus de 279 documents audiovisuels sur le Maroc, regroupant des actualités économiques, sociales et sportives, filmées entre 1940 et 1956. Des archives qui vont enrichir les archives audiovisuelles du Maroc sous le protectorat français.
Younes Baâmrani
