Économie mondiale : entre tensions géopolitiques et révolution technologique

La guerre au Moyen-Orient et l’essor de l’intelligence artificielle redessinent les équilibres de l’économie mondiale. Dans sa mise à jour de juillet 2026 des Perspectives de l’économie mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) décrit une conjoncture marquée par des forces contradictoires : d’un côté, les tensions géopolitiques alimentent les pressions inflationnistes et les incertitudes sur les marchés ; de l’autre, le cycle technologique porté par l’IA soutient l’activité dans plusieurs grandes économies.

Le FMI prévoit une croissance mondiale de 3 % en 2026, avant une légère accélération à 3,4 % en 2027. Si ces prévisions demeurent proches de celles publiées au printemps, elles masquent une fragmentation croissante des trajectoires économiques. Les pays les mieux intégrés aux chaînes de valeur technologiques ou bénéficiant de la hausse des prix de l’énergie résistent mieux aux chocs, tandis que les importateurs d’énergie peu positionnés sur les nouvelles technologies voient leurs perspectives se dégrader.

Le conflit au Moyen-Orient demeure le principal facteur de risque. Les projections du FMI reposent sur l’hypothèse d’une réouverture du détroit d’Ormuz et d’un retour progressif à la normale d’ici 2027. D’ici là, les prix de l’énergie devraient rester durablement élevés. Le pétrole est attendu autour de 89 dollars le baril en moyenne en 2026, tandis que les prix du gaz, des engrais et des denrées alimentaires continueraient de subir les effets des perturbations logistiques et de la hausse des coûts de production.

Ces tensions alimentent un regain d’inflation mondiale. Après plusieurs mois de désinflation, la hausse des prix repart sous l’effet du renchérissement de l’énergie, poussant plusieurs banques centrales à maintenir des politiques monétaires restrictives plus longtemps que prévu. Si les anticipations d’inflation à long terme restent globalement maîtrisées, le FMI appelle les autorités monétaires à préserver leur crédibilité et à rester vigilantes face à un éventuel désancrage des prix.

En parallèle, la révolution de l’intelligence artificielle s’impose comme un puissant moteur de croissance. Les économies fortement insérées dans la production de semi-conducteurs et d’équipements liés à l’IA, comme la Corée, la Malaisie ou Taïwan, enregistrent des performances supérieures aux attentes. La Chine bénéficie également du dynamisme de son industrie de haute technologie, tandis que plusieurs économies avancées profitent d’investissements soutenus dans les équipements numériques. À l’inverse, les pays moins connectés à cette chaîne de valeur peinent à tirer parti de cette nouvelle phase d’expansion technologique.

Le commerce mondial, en revanche, devrait ralentir. Après une progression de 5 % en 2025, la croissance des échanges retomberait à 3,5 % cette année sous l’effet combiné des tensions commerciales, de la réorganisation des chaînes d’approvisionnement et des effets persistants des droits de douane. Le FMI estime néanmoins que la montée en puissance des échanges liés aux technologies numériques limitera en partie ce ralentissement.

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