Une équipe marocaine d’archéologues a dévoilé début novembre dernier une ville entière qui porte le nom de Sala, nom antique de Chellah. Située à proximité des remparts du site historique du Chellah à Rabat, cette cité portuaire date de la période entre le 1er et le 2e siècle après Jésus-Christ.
C’est l’une des plus importantes découvertes de ces dernières décennies effectuées sur le territoire national et de surcroit par une équipe marocaine, celle de l’Institut National des Sciences de l’Archéologie e du Patrimoine (INSAP). Il s’agit non seulement d’une cité portuaire antique qui sort de terre, mais de nombreux autres édifices dans le site historique du Chellah, sur la rive gauche du fleuve Bouregreg. À commencer par des thermes publics qui s’étendent sur 2 000 m2. Un vestige que le Ministère de la Culture n’hésite pas à qualifier « d’un des plus grands établissements thermaux du Maroc ». Plus encore, les experts ont mis à jour des pièces relatives à « un monument fort somptueux, car les murs étaient recouverts de fresques et les sols revêtus de plaques de marbres ou de mosaïques » ou encore, « une importante statue féminine acéphale grandeur nature représentant probablement une divinité ». Autre trouvaille de taille : une nouvelle zone funéraire abritant un tombeau de type columbarium, où l’on a retrouvé « cinq niches à l’intérieur desquelles étaient placées des urnes cinéraires ».
« Flagship national »
Ces travaux qui ont démarré en avril dernier ont donc permis de mettre en lumière l’étendue de cette cité maurétano-romaine, qui est passée de 7 à plus de 20 hectares, et ce, bien au-delà de la muraille mérinide. Des découvertes qui confèrent au Chellah une plus grande dimension avec cette ouverture sur le pourtour méditerranéen, de par son positionnement portuaire. Une nouvelle page d’histoire s’ouvre ainsi pour ce site avec également des opportunités économiques. Ce qui a fait dire au Ministre de la Culture, Mohammed Mehdi Bensaid, que « ces découvertes vont révolutionner le tourisme culturel à Rabat ».
Le Ministre de la Culture a par ailleurs assuré que les recherches archéologiques sur ce site, classé depuis 2012 au patrimoine culturel de l’UNESCO, continueront de bénéficier du soutien de son département. La cité antique de Chellah, avec ces récentes découvertes, intégrera encore plus l’offre touristique de la capitale administrative du pays, devenant une de ses attractions majeures. C’est ce qui ressort aussi de l’appel de manifestation, le premier de son genre, lancé récemment par la SDR (Société de développement régional) Rabat Région Patrimoine Historique, visant à la valorisation du site archéologique du Chellah. « Le site du Chellah a un positionnement dit “flagship régional”, soit un haut lieu culturel attractif pour les visiteurs locaux et étrangers, avec un rôle crucial dans la préservation du patrimoine culturel, la promotion des arts et de la culture, et la stimulation du tourisme culturel de la région », explique Rabat Région Patrimoine dans son communiqué. Il s’agira entre autres d’améliorer les conditions d’accueil du public, de proposer des solutions innovantes pour la visite audioguidée, d’intégrer une offre de restauration complète et d’assurer une animation hors horaires de visites.
Younes Baâmrani
