Le petit musée Abdelwahab Doukkali est une invitation à découvrir l’univers magique de cet immense artiste marocain. Tour de la Liberté, immeuble du 17e étage, Benjdiya, Casablanca. Cet édifice conçu et réalisé en 1951 par l’architecte Léonard René Morandi est une des attractions de Casablanca.
C’est dans cet appartement du 17e étage que Abdelwahab Doukkali en personne, avec son élégance habituelle, nous reçoit pour faire le tour du Musée, mais aussi de cet appartement qui a été la demeure de célèbres locataires. Avant que le maitre de la chanson marocaine ne s’y installe, cette demeure a été habitée par l’homme d’affaires et militant politique Jacques Lemaigre Dubreuil ou encore par l’islamologue Denise Masson. Dès l’entrée, on est immergé dans le parcours de Abdelouahab Doukkali, un des artistes marocains qui a eu un grand succès dans le monde arabe avec ses classiques « Marsoul el Hobb » et « Souk el Bachariya ».
On admire les médailles et décorations, dont le prestigieux Grand prix humanitaire de France, ses portraits réalisés par des peintres comme Ferkhani, Chahidi et Abouzeid ainsi que ses propres dessins de célébrités qui l’ont marqué comme Charlie Chaplin, Fatema Mernissi, Gandhi ou encore le pianiste et compositeur de jazz Randy Weston. Pour l’histoire, il a partagé avec ce dernier un moment d’improvisation jouant de son luth pendant près d’une heure. Abdelwahab Doukkali dévoile ainsi ses différentes facettes, pour certaines inconnues du grand public.
Collection de luths d’ici et d’ailleurs
Dans une autre salle, on peut admirer la panoplie de costumes portés par le Maître ainsi qu’une magnifique collection de luths, du Maroc, d’Egypte et de Syrie, mais également des luths ayant appartenu à Mohammed Abdelouahab et au compositeur d’Oum Kelthoum, Mohamed El Qasabji. On peut en outre contempler les photos de Abdelwahab Doukkali en compagnie de célébrités des arts et de la politique, mais aussi les belles couvertures de 45 et 33 tours de ses chansons immortelles, et des reprises de grands chanteurs, à l’image de Sabah, Ismaël Ahmed ou encore Mohamed El Hayani. On termine cette tournée par ce qui fut la chambre à coucher du maitre. « C’est ici que l’on projette mes films et des vidéos lors de soirées privées avec des amis et d’autres artistes », confie-t-il.
À l’origine de l’idée de ce musée, qui a ouvert ses portes début de l’année dernière, un des fils de Abdelwahab Doukkali qui trouvait dommage que tous ces objets ne soient pas montrés à un plus grand public. « Tout a débuté par cette idée qui a été par la suite développée par le journaliste Omar Salim, avec la mise en place de la Fondation Abdelwahab Doukkali pour les arts et la création. Durant le Covid, j’ai commencé à travailler sur l’agencement, les plans et l’installation des étagères », se rappelle Abdelwahab Doukkali. Et de conclure : « Ce petit musée, je le dois avant tout à mon public. Il est visité par mes fans, mais aussi par des écoliers, des universitaires. On y organise des soirées poétiques, des événements dédiés au luth ».
Le petit musée Abdelwahab Doukkali est ouvert du mardi au dimanche et les visites se font sur réservation.
Hicham Houdaïfa
