Le Festival Gnaoua et musiques du monde revient pour une 25e édition d’exception. Au menu : pas moins de 53 concerts, des master class ainsi qu’un Forum des droits humains.
Les fans de la musique Gnaoua, d’Essaouira et des musiques du monde seront servis. Pendant trois jours, du 27 au 29 juin prochains, plus de 400 artistes animeront les différentes scènes de la ville, dans la médina comme sur la plage de Mogador. Les maâlems Gnaoua et les musiciens venus des quatre coins du monde proposeront au public cette musique/fusion unique et si caractéristique de ce festival.
Ces musiciens viendront en effet d’Espagne, du Sénégal, des États-Unis, de Côte d’Ivoire, du Brésil, d’Algérie et de Palestine. « Le Festival a permis à un art ancestral de renaître et de se réinventer ; a apporté la preuve que le développement par la culture était possible ; a contribué à l’essor d’une destination, Essaouira, qu’il a placée sur la carte des capitales mondiales de la musique ; et est devenu l’un des principaux emblèmes de la culture marocaine et africaine à l’international », note Neila Tazi, Fondatrice du festival, dans son édito.
Les concerts de musique fusion, véritable marque de fabrique du Festival, seront au nombre de six avec un concert d’ouverture exceptionnel, réunissant Gnaoua, Batucada brésilienne, Flamenco espagnol et Zaouli de Côte d’Ivoire. Maâlem Hassan Boussou et Maâlem Mly Taieb Dehbi seront accompagnés lors de ce concert de la compagnie ivoirienne Dumanlé, l’espagnol Nino de Los Reyes et le groupe brésilien Ilê Aiyê.
Côté têtes d’affiche, le festival accueillera le rappeur palestinien Saint Levant, Marwan Abdelhamid de son vrai nom, un artiste de 23 ans, connu pour son morceau viral From Gaza, With Love, sorti en 2023 et qui mélange parfaitement textes en arabe, français et anglais. Puis il y a le duo Aita mon amour, la chanteuse espagnole d’origine équato-guinéenne Buika ou encore le légendaire trompettiste américain de Jazz Randy Brecker, sept fois récompensé aux Grammy Awards.
Berklee à Essaouira !
Afin de mieux marquer ce quart de siècle d’existence, le festival lance deux grands projets de formation musicale. Le premier se tiendra du 24 au 29 juin à Essaouira en partenariat avec l’une des plus prestigieuses institutions musicales au monde, Berklee College of Music, de Boston, Massachusetts. Ensuite, une chaire dédiée à la culture Gnaoua sera créée en partenariat avec le « Center for African Studies » de l’Université Mohammed VI Polytechnique de Benguerir. Dirigée par le philosophe et penseur Ali Benmakhlouf, la chaire commencera ses activités à partir de 2025. « Au fil des années, nous avons mis en place différents ateliers, formations et programmes en vue d’accompagner et de soutenir les jeunes musiciens. Nous avons mis en avant la nouvelle génération de maâlems, qui a été notamment marquée par l’arrivée de femmes dans une caste jusqu’ici exclusivement masculine », explique encore Neila Tazi. Enfin, le Forum des droits humains qui en est à sa onzième édition se tiendra le temps du Festival. Organisé en partenariat avec le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), le Forum aura pour thématique, « Maroc, Espagne, Portugal : une histoire qui a de l’avenir ». L’occasion s’y prête bien puisque le Maroc accueillera la Coupe du monde en 2030 conjointement avec ses voisins du Nord, l’Espagne et le Portugal.
Younes Baâmrani

