« La filière équine marocaine génère près de 30 000 emplois directs et indirects »
Que représente le Salon du cheval pour la SOREC ? Quel bilan faites-vous de votre participation à la 14e édition de ce salon qui a été placé cette année sous le thème du développement durable ?
Le Salon du cheval est non seulement une vitrine prestigieuse de la culture équestre du Maroc, mais également une plateforme incontournable pour le dialogue, l’échange d’expériences et la promotion des initiatives qui soutiennent l’industrie équine au niveau national et international. Il symbolise notre engagement continu et celui de nos partenaires envers la préservation des races équines marocaines, la promotion de l’élevage, et le développement de sports équestres, tout en mettant en lumière l’héritage culturel riche et diversifié de notre pays.
Cette édition, placée sous le thème du développement durable, était particulièrement pertinente compte tenu des défis environnementaux et sociaux actuels. L’intérêt manifesté par les visiteurs, les professionnels du secteur et nos partenaires nous encourage à poursuivre et à intensifier nos efforts et témoigne de la pertinence de l’intégration des principes de durabilité dans l’ensemble de la filière équine.
Pour la SOREC, la 14e édition n’a pas seulement été une occasion de démontrer notre engagement envers le développement durable, mais aussi un tremplin pour initier de nouvelles stratégies et partenariats qui façonneront l’avenir de l’industrie équine dans une direction plus durable.
D’ailleurs, en marge de cette édition, plusieurs partenariats structurants ont été signés. Un nouveau contrat-programme pour le développement des races équines barbe et arabe-barbe et l’appui à la filière Tbourida a été conclu entre le Ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts (MEPMDREF), le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF) d’une part, et la Fédération Royale Marocaine des Sports Équestres (FRMSE), la SOREC, le groupe Crédit Agricole du Maroc, l’Association Marocaine des chevaux Barbes et Arabes-Barbes (AMCBAB) et l’Association Nationale des Arts Équestres Tbourida (ANAET) d’autre part. De même, une convention-cadre pour le développement du tourisme équestre a été signée entre la SOREC et l’Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANEF) ainsi qu’une convention de partenariat dans le domaine de sélection génétique et de valorisation du cheval barbe entre la SOREC, l’Association Marocaine des Chevaux Barbes et Arabes-Barbes (AMCBAB) et Real Asociación Nacional de Criadores de Caballos de Pura Raza Española (ANCEE).
Dans un contexte de sécheresse persistante, comment agit la SOREC pour atténuer le poids de l’impact du dérèglement climatique sur les éleveurs ? Quels sont les chantiers de la SOREC dans ce domaine ?
Le dérèglement climatique et la sécheresse représentent des défis majeurs pour l’industrie équine, affectant directement le bien-être des chevaux ainsi que la viabilité économique et environnementale des activités des éleveurs. Consciente de ces enjeux, la SOREC a adopté une stratégie proactive pour atténuer l’impact de ces changements climatiques et soutenir les éleveurs dans cette transition difficile. Afin de minimiser les répercussions de la hausse des prix et de la sécheresse et ainsi préserver le cheptel équin, un programme de subvention des aliments composés en granulés a été mis en place en juin 2022 au bénéfice de tous les éleveurs. Ce programme vise à soutenir les éleveurs en leur fournissant un aliment composé granulé de haute qualité à des tarifs subventionnés. Nous mettons également en œuvre des mesures écologiques telles que : la mise place de stations d’épuration des eaux usées pour nos utilisations (arrosage des espaces verts) et la limitation de notre production des déchets, leur recyclage et les réutilisations.
Comment se situe la SOREC par rapport à la nouvelle stratégie « Génération Green 2020-2030 » ? Quels sont les apports de la SOREC à ladite stratégie ?
La SOREC inscrit toutes ses orientations stratégiques dans le cadre de la stratégie « Génération Green 2020-2030 » qui donne la priorité à l’élément humain. À cet effet, nous œuvrons à stimuler la croissance d’une classe moyenne agricole capable de jouer un rôle moteur dans l’équilibre socio-économique des régions rurales. À travers nos actions, nous avons veillé à̀ créer des opportunités, à renforcer les compétences et à promouvoir l’emploi, tout en faisant naître une passion durable pour la filière équine. Rappelons qu’aujourd’hui, la filière équine marocaine joue un rôle majeur dans l’économie nationale, contribuant directement et indirectement à hauteur de 0,6 % du PIB national, et générant près de 30 000 emplois directs et indirects.
À quel niveau se situent l’ambition et les réalisations de la SOREC en termes d’intégration des installations marocaines dans le circuit mondial des jeux équestres ?
En tant que pilier économique du monde hippique, l’activité des jeux hippiques joue un rôle crucial dans la pérennité et la prospérité de l’ensemble de la filière. Il s’agit d’une source de financement pour l’ensemble de la filière équine.
La SOREC est une des rares institutions africaines à avoir réalisé un objectif essentiel à la durabilité du secteur : positionner les courses hippiques et les jeux en tant que levier de croissance pour l’ensemble de la filière équine.
Grâce à des infrastructures aux meilleurs standards, nous avons pu inscrire nos évènements parmi les Grands rendez-vous incontournables du calendrier hippique à l’échelle internationale tels que : Le Morocco international meeting, le Grand Prix d’Afrique ou encore le Festival de Son Altesse Sheikh Mansoor Bin Zayed Al Nahyan des courses de chevaux Pur-sang Arabe.
La Tbourida a été inscrite dans la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, en 2021. Que reste-t-il à faire pour valoriser davantage cette tradition spécifique au Maroc ?
Cette reconnaissance internationale est, pour l’ensemble de la filière équine, un premier accomplissement d’envergure qui requiert cependant le lancement d’initiatives durables ainsi que la mobilisation de tous les acteurs pour préserver et faire rayonner cet héritage civilisationnel unique au monde. D’ailleurs, la SOREC a récemment réalisé un beau livre rédigé par Fouad Laraoui intitulé « Des chevaux et des hommes, l’art de la Tbourida », qui immortalise cet art ancestral pour assurer sa préservation et sa transmission aux générations futures, et affirmer son statut incontournable dans notre héritage culturel.
Propos recueillis par Rida Ançari
