Suite à sa conférence annuelle sur le budget économique prévisionnel qui s’est tenue le 12 janvier dernier, le Haut-Commissariat a publié son budget économique présentant le bilan de l’année 2022 et ses projections pour 2023. Retour sur les principaux indicateurs.
Sans surprise, 2022 a été l’année du ralentissement économique pour le Maroc. La croissance s’est établie à 1,3 % (contre 7,9 % en 2021) alors qu’elle a enregistré en moyenne un taux annuel de 3,2 % entre 2015 et 2019. L’une des principales raisons de cette décélération est la sécheresse sévère qui a touché les activités agricoles. Ces dernières se sont ainsi « repliées de 15,2 %, après une progression de 17,8 % en 2021 », selon le communiqué.
En 2022, le secteur secondaire, notamment confronté à des difficultés d’approvisionnement en matières premières, a été en quasi-stagnation par rapport à l’année précédente, avec une croissance de 0,4 %. Le secteur tertiaire a quant à lui progressé de 5,3 %. Au cours de l’année, le taux de chômage national a légèrement baissé pour atteindre 11,6 %.
Autre raison du ralentissement économique, l’inflation importée avec la flambée des prix des matières premières, en particulier ceux des produits énergétiques et alimentaires. Le Maroc a ainsi connu un bond de l’inflation en 2022. Celle-ci s’est élevée à 6,7 % alors qu’elle s’était stabilisée autour d’une moyenne de 1,6 % par an entre 2015 et 2020. Le pouvoir d’achat des ménages ayant diminué de 1,9 % à cause de l’inflation et de la baisse des revenus agricoles, la demande intérieure a progressé de seulement 2,3 % en 2022, contre 9,1 % en 2021.
Du fait du ralentissement économique, l’investissement brut a également décéléré en 2022 : il ne progresse que de 0,6 %, au lieu de 13,3 % en 2021. Pour sa part, le taux d’épargne nationale a diminué pour atteindre 27,8 % du PIB (contre 28,8 % l’année précédente) tandis que le besoin de financement de l’économie nationale culmine à son plus haut niveau depuis les cinq dernières années, soit 4,9 % du PIB. Le taux d’endettement public global s’élève quant à lui 82,5 % en 2022.
Du côté du commerce extérieur, le déficit commercial s’est aggravé, passant de 15,6 % du PIB en 2021 à 22,7 % du PIB en 2022, et ce, malgré le dynamisme des exportations.
En ce qui concerne les perspectives 2023, dans l’hypothèse d’une pluviométrie favorable, le HCP table sur une croissance de 3,3 % avec un taux d’inflation de 1,9 %.
Selon l’institution, le taux d’endettement public global devrait atteindre près de 83,2 % du PIB en 2023.
Source : Haut-Commissariat au Plan
