Du 11 au 13 février dernier s’est tenue à Casablanca la première édition du Green Impact Expo & Summit. Dédié à la mobilité durable, l’événement était organisé par la Fédération du Transport et de la Logistique affiliée à la Confédération Générale des Entreprises du Maroc. La France était le pays invité d’honneur. Des entreprises françaises ont ainsi pu présenter leurs solutions de mobilité au sein de l’Espace France organisé par la CFCIM.
Crédit photo : CFCIM
La conférence plénière avait pour thème « Vision nationale de mobilité durable à l’horizon 2020 ». Lors de son allocution, Chakib Alj, Président de la CGEM, a déclaré : « La transition vers une économie décarbonée passe aussi par des solutions de mobilité propres et durables dans nos villes. En effet, le transport représente environ 20 % des émissions de gaz à effet de serre au Maroc et il est essentiel de baisser cette contribution. Les tramways de Casablanca et de Rabat-Salé sont de beaux succès et nous devons poursuivre les efforts en ce sens. Par ailleurs, le remplacement d’au moins 30 % des véhicules de l’administration par de l’électrique d’ici 2030 et l’expansion de la flotte de bus électriques font partie des projets qui nous permettront de respecter nos engagements de réduction des émissions de CO2. » Le Président de la CGEM a également souligné que les incitations fiscales et l’installation de bornes de recharges devraient contribuer à favoriser le développement du véhicule électrique au Maroc, un marché ayant un fort potentiel. La décarbonation du transport logistique devra quant à elle s’appuyer sur le développement de la filière de l’hydrogène vert et des solutions Power to X.
Tous les atouts pour se positionner en leader des solutions de mobilité durables
Ryad Mezzour, Ministre de l’Industrie et du Commerce a notamment insisté sur l’« opportunité de business » que représente le marché mobilité durable. Un marché pour lequel le Maroc dispose de nombreux atouts (ressources naturelles, produits, capacité de production…) qui font que, selon lui, « notre pays peut se positionner en tant que leader de l’offre de mobilité durable mondiale. » Le ministre a rappelé l’importance de « produire de la mobilité durable » dans un contexte où l’industrie automobile marocaine, premier secteur exportateur du pays (représentant 150 milliards de dirhams de chiffre d’affaires à l’export et 250 000 emplois), est obligée de prendre ce tournant en raison notamment de l’abandon des moteurs thermiques à l’horizon 2035 par l’Europe, un de ses principaux marchés. Il était donc essentiel pour cette industrie d’intégrer la chaîne de valeur de la batterie électrique. “Nous avons commencé à travailler sur ce point il y a 10 ans. (…) Il y a trois semaines, le premier élément de pré-cathode a été produit au Maroc et c’est extrêmement important”a annoncé Ryad Mezzour. “Le Maroc sera l’un des 5 ou 6 pays au monde qui aura tous les éléments de la batterie électrique qui seront fabriqués sur place. (…) Ce sera le seul pays de la région euro-africaine qui aura la capacité de produire un véhicule électrique de la mine à la voiture”, a-t-il ajouté.
Un secteur des transports à décarboner
Leila Benali, Ministre de la Transition Énergétique et du Développement Durable, qui s’est exprimée à travers une vidéo, a rappelé que le secteur des transports, dépendant à 99 % des énergies fossiles, représente plus de 36 % de la consommation énergétique du Maroc. « Le développement des transports durables est une solution majeure pour accélérer cette transition. Grâce aux avancées dans les véhicules durables, dans les batteries à haute performance, à l’essor des énergies renouvelables, le remplacement progressif des véhicules thermiques devient une réalité. Toutefois cette transition doit s’accompagner d’une infrastructure dense et accessible, d’une gestion efficace de la demande énergétique, d’investissements dans le réseau et d’intégration des véhicules dans les réseaux intelligents afin d’optimiser l’utilisation de l’électricité verte. » La ministre a ensuite indiqué que le réseau actuel des bornes de recharges couvre 1200 km et se compose de 150 points de recharge à travers le Maroc.
Parmi les autres intervenants, Abderrahim Outass, Vice-Président de la commune de Casablanca, a indiqué que la ville de Casablanca subventionne les transports publics à hauteur de 350 millions de dirhams chaque année afin d’inciter les habitants à utiliser les transports en commun. « Notre objectif est d’orienter 20 % de la population vers le transport public » a-t-il précisé. Dans le cadre du cahier des charges de la Coupe du Monde 2030, la ville s’est engagée à réaliser un certain nombre d’équipements de transport afin d’améliorer la desserte de certains quartiers en privilégiant les technologies durables et les solutions numériques.
Une expertise française reconnue dans le domaine
Christophe Lecourtier, Ambassadeur de France au Maroc, est quant à lui revenu sur la nouvelle ambition du partenariat Maroc-France : « Les acteurs français de ce secteur – qu’ils soient installés au Maroc ou en France – ont bien compris que nous sommes entrés sans aucun doute dans un moment clé pour le Maroc et même au-delà du Maroc avec la multiplication des grands projets d’infrastructures de transport et l’organisation d’événements sportifs majeurs dans les prochaines années. Dans un tel contexte, nous Français, nous ne pouvons avoir qu’une seule ambition : que notre pays soit au rendez-vous pour proposer tout l’éventail de son expertise, qui est importante, et je l’espère, convaincre de notre vocation à être le partenaire de référence du Maroc à l’heure où vous conduisez si bien ces grands travaux d’hercule. C’est aussi la traduction du nouvel esprit que nous avons choisi de donner à la relation franco-marocaine. Élever notre niveau d’ambition et acter un profond renouvellement dans les thèmes que nous traitons, convaincu que ce partenariat a encore de nouvelles frontières à explorer et qu’il construit notre communauté de destin au XXIe siècle. »
L’Ambassadeur a également souligné que l’organisation du Mondial 2030 représente une opportunité historique de structurer les grands projets de connectivité, de stimuler les investissements et de réaliser les infrastructures qui bénéficieront aux populations en accélérant le développement et l’intégration des territoires. Christophe Lecourtier a conclu son intervention en appelant l’auditoire à rallier une nouvelle devise « Plug, baby, plug », contrepied de celle actuellement en cours outre-Atlantique.

