Pour célébrer ses 20 ans d’existence, le Festival Arabesques a dédié une partie de sa programmation à la scène artistique contemporaine et traditionnelle marocaine. Organisé chaque année en septembre dans la ville de Montpellier, c’est le rendez-vous annuel de la création arabe. Une quinzaine de journées qui sont dédiées à la musique, mais également au théâtre, au cinéma et à d’autres expressions culturelles.
Du 9 au 21 septembre dernier, à Montpellier, s’est tenue la dernière édition du Festival Arabesques. Cette année, le moment fort a été l’hommage à la diva de la chanson arabe, Oum Kalthoum, à l’occasion de la commémoration du 50e anniversaire de sa disparition.
L’autre rendez-vous du festival a été le « Focus Maroc » qui, tout au long de la journée du 14 septembre, a permis à de nombreux festivaliers de découvrir des groupes et chanteurs marocains, avec une programmation proposée par la Fondation Hiba.
« Le Maroc a été mis à l’honneur par la présence de nombreux artistes du pays. Une volonté qui a été exprimée par le directeur du festival, Habib Dechraoui. Par ailleurs, la veille de l’ouverture du festival se sont tenues des journées économiques Maroc-Montpellier qui ont vu la participation de plusieurs maires de la Région Occitanie ainsi que de cinq maires et deux ministres marocains. Tous sont venus explorer les opportunités de coopérations entre les deux pays dans les secteurs des énergies renouvelables et des industries culturelles et créatives », explique Marwane Fachane, directeur général de la fondation marocaine Hiba, qui est par ailleurs partenaire du Festival Arabesques.
« De la générosité et de l’échange »
Côté musique, une des têtes d’affiche du Festival a été Kabareh Cheikhats, avec la bande à Ghassan El Hakim, qui a fait découvrir, avec audace et humour, le merveilleux registre de la Aïta. « Il y avait du monde, beaucoup de Marocains. La salle était comble. Les gens ont beaucoup dansé. Ils ont presque envahi la scène pour danser et chanter avec nous. Ils étaient dans l’ambiance des Cheikhates et savaient de quoi cela parlait. Il y avait de la générosité dans l’échange, dans l’émotion. Les gens étaient également contents de voir les DJ et tous les artistes marocains présents », nous confie Ghassan El Hakim, Fondateur de Kabareh Cheikhats. Et d’ajouter : « Ce genre de festival est intéressant parce que nous avons affaire à un public de Marocains vivant en France. On est loin des clichés que l’on véhicule sur cette communauté. On retrouve de tout : des mamans voilées qui dansaient avec leurs filles en jeans. Le Maroc dans toute sa diversité et sa joie de vivre. Par ailleurs, c’est également une opportunité pour montrer des spectacles d’artistes qui ne sont pas forcément habitués à se produire pour les Marocains du monde. »
Autre star de la programmation marocaine, l’icône du chaâbi de l’Atlas, Najat Aâtabou, qui a su comme Rwicha, chanter autant en darija qu’en Amazigh, faisant ainsi l’unanimité dans tout le pays. Le Focus Maroc a été aussi l’occasion pour le public de découvrir de jeunes talents de la scène électro à l’image de Guedra Guedra, DJ Aziz Konkrite, Mr ID ainsi que Soukaina Fahsi, musicienne, auteure et chanteuse dont le registre puise aussi bien dans le flamenco que des musiques africaines.
Enfin, le Festival Arabesques a offert également une place au stand-up marocain francophone, avec Meryem Benoua, avec son humour décapant. Au total sept artistes et groupes marocains ont défilé sur les différentes scènes de Montpellier, pour le plus grand plaisir du public présent, d’une ville qui est liée à Fès par un protocole de jumelage.
Younes Baâmrani
