Abdelkader Amara, président du CESE, plaide pour une croissance inclusive

À Victoria Falls, au Zimbabwe, Abdelkader Amara, président du CESE et président en exercice de l’Union des Conseils économiques et sociaux et Institutions similaires d’Afrique (UCESA), a défendu une croissance africaine plus inclusive, fondée sur le travail décent et l’investissement productif, au service d’économies plus résilientes. Le déplacement a aussi permis de resserrer les liens avec l’Afrique australe.

Abdelkader Amara s’exprimait lors de la cérémonie d’ouverture du Sommet mondial sur la croissance inclusive, le travail décent et la promotion de l’investissement. Il y conduisait une délégation de l’UCESA, à l’invitation d’Edgar Moyo, président du Forum de négociation tripartite du Zimbabwe (TNF). Partenaire de premier plan du Sommet, l’UCESA a mobilisé à cette occasion plusieurs de ses institutions membres, dont les conseils économiques et sociaux du Mali, de la Guinée équatoriale, du Congo, de la République démocratique du Congo et du Maroc. Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) y a également associé des partenaires de référence dans l’innovation, la finance inclusive et le développement agricole. Dans son intervention, Abdelkader Amara a présenté la vision de l’Union pour une croissance porteuse de davantage d’opportunités, d’emplois et de prospérité partagée. Pour lui, le travail décent doit rester au cœur des politiques de développement. L’investissement doit également mieux soutenir la transformation économique, la compétitivité des entreprises africaines et la création de valeur sur le continent. S’appuyant sur les documents de référence de l’UCESA, dont la Charte africaine de la durabilité et le Plaidoyer africain pour l’action climatique, il a plaidé pour des économies africaines plus complémentaires, résilientes et tournées vers l’innovation. Il a aussi insisté sur la valorisation des ressources du continent, l’investissement dans les compétences, le soutien à l’entrepreneuriat et le renforcement des capacités de production. Ce sont, selon lui, autant de leviers pour élargir les perspectives d’emploi et de prospérité des populations africaines.

Le dialogue social, levier d’intégration

Abdelkader Amara a rappelé que l’UCESA s’emploie à rapprocher les institutions consultatives africaines. Elle cherche ainsi à dégager des positions communes sur les grands enjeux économiques et sociaux du continent et à donner plus de poids au dialogue citoyen dans les politiques publiques. Dans ce sens, il a souligné que l’adhésion du TNF à l’Union marquait une nouvelle étape pour la coopération en Afrique australe, en matière de dialogue social, d’emploi, d’investissement et d’intégration régionale. Pour une intégration africaine plus efficace, il a mis en avant la vision africaine de SM le Roi Mohammed VI, fondée sur le développement humain, l’investissement productif et la coopération Sud-Sud. Selon lui, cette orientation s’est traduite par plusieurs initiatives majeures du Royaume. Elle a permis de nouer des partenariats structurants dans les domaines de la sécurité alimentaire, des infrastructures, de l’énergie, de la formation et de l’intégration économique régionale.

En marge du Sommet, Abdelkader Amara a été reçu par le vice-président et président par intérim du Zimbabwe, Kembo Dugish Campbell Muleya Mohadi. Ce dernier a salué la contribution de l’UCESA et du CESE à la préparation et au succès du Sommet, ainsi que l’expérience marocaine dans l’industrie, l’agriculture, l’innovation et les infrastructures. Il a également encouragé le TNF et le CESE à multiplier les échanges d’expériences et de bonnes pratiques. Le président du CESE a, de son côté, souhaité que le TNF porte, à l’échelle régionale, une initiative rapprochant les institutions consultatives et les instances de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Il a cité en exemple le partenariat noué entre l’UCESA et le Parlement de la CEMAC. L’objectif est de mieux ancrer le dialogue social dans l’intégration régionale. Il s’agit aussi de faire davantage entendre les recommandations des conseils économiques et sociaux dans les stratégies de développement de la région.

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