Transition juste : le plaidoyer africain d’Abdelkader Amara

Le 30 octobre à Madrid, Abdelkader Amara, président du CESE et président en exercice de l’UCESA, a défendu une transition juste au service des priorités de développement de l’Afrique. Il a mis en avant l’accès à des financements adaptés, la création d’emplois décents et un partage plus équitable de la valeur.

Il intervenait lors de la conférence « La transition juste comme défi mondial ». Celle-ci était organisée dans le cadre d’une rencontre conjointe de l’Association internationale des conseils économiques et sociaux et institutions similaires (AICESIS), du Réseau ibéro-américain de ces conseils (RICESIS) et de l’Union des conseils économiques et sociaux et institutions similaires d’Afrique (UCESA). Des responsables de conseils d’Afrique, d’Europe, d’Asie et d’Amérique latine y ont débattu des défis de la transition et des coopérations possibles entre régions aux réalités économiques et sociales différentes. La notion de transition juste figure dans le préambule de l’Accord de Paris. Elle désigne une transition écologique qui n’oublie ni les travailleurs ni les territoires.

Pour Abdelkader Amara, l’Afrique doit d’abord mieux valoriser ses ressources, son potentiel énergétique et son capital humain. C’est ainsi qu’elle pourra développer ses capacités productives, créer davantage de valeur et générer des emplois décents. Il a plaidé pour un partage plus équitable des efforts et des bénéfices de la transition. Le continent est particulièrement exposé au changement climatique et confronté à des coûts de financement élevés. Il doit donc pouvoir accéder à des financements adaptés à ses besoins d’investissement, tout en développant ses compétences.

Des investissements à traduire en emplois

La transition doit aussi être porteuse de progrès social, a insisté le président du CESE. Elle doit se traduire par des emplois décents, des revenus et un développement économique des territoires. En Afrique, plus de huit emplois sur dix relèvent de l’économie informelle. Il a donc appelé à développer les qualifications, à accompagner la formalisation de l’économie et à mieux articuler politiques énergétique et industrielle, formation, recherche et innovation. Il a également défendu une pleine participation de l’Afrique aux choix liés aux données, aux infrastructures numériques et à l’intelligence artificielle, devenues centrales dans la création de valeur. Enfin, il a appelé à renforcer les coopérations entre l’Afrique, l’Europe, l’Asie et l’Amérique latine en matière de financement, de technologies, de compétences et de recherche, pour un partage plus équilibré de la valeur créée.

En marge de la conférence, Abdelkader Amara s’est entretenu avec ses homologues du Portugal et de Bulgarie, notamment sur la participation des jeunes. L’Assemblée générale de l’AICESIS a par ailleurs salué le rôle du CESE marocain comme co-rapporteur de la note de position présentée au Forum politique de haut niveau 2026 des Nations unies. Ce document formule des propositions pour accélérer la mise en œuvre de l’Agenda 2030 en matière de financement, de transfert de technologies, de renforcement des capacités et de gouvernance des transitions. L’Assemblée a aussi relevé la contribution du CESE et de l’UCESA au Sommet mondial sur la croissance inclusive, le travail décent et l’investissement, tenu en septembre à Victoria Falls.

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