Centenaire du Jardin Majorelle

Une œuvre vivante, source inépuisable d’inspiration

Considéré comme une des attractions majeures de Marrakech, le Jardin Majorelle fête ses 100 ans en grande pompe.

Considéré comme une des attractions majeures de la ville ocre, le Jardin Majorelle fête son premier siècle d’existence. Selon la Fondation Jardin Majorelle, 2024 sera « une année ponctuée de festivités et d’événements culturels pour le plaisir des visiteurs nationaux et internationaux. Le Centenaire du Jardin Majorelle s’annonce comme une célébration extraordinaire rappelant un siècle d’émerveillement et de partage au cœur de Marrakech. » Au rendez-vous : des expositions, rencontres, conférences, concerts et des projections où seront conviés le public marrakchi et des pays du monde entier.

À l’origine, Bou Safsaf

Le destin des jardins a tout d’abord été lié à celui qui leur a donné le nom : Majorelle. Le peintre français arrive à Tanger en 1917 à l’âge de 31 ans et s’installe deux ans plus tard dans une petite maison de la médina de Marrakech. En mai 1923, Jacques Majorelle achète un terrain d’un peu plus de 16 000 m2, entre la médina et la cité européenne, dans un lieu appelé Rouidat et dont la caractéristique principale est d’être un site désert et peuplé d’arbres. 

Le peintre, qui décide d’en faire sa demeure, l’inscrit sous un nom arabe, le Bou Safsaf (le père du peuplier). « Il s’y installe pour vivre, puis ouvre son jardin. En 1928, il installe un atelier pour faire de la peinture et participer à des expositions. Il a longtemps cherché à ce que son travail de peintre soit reconnu, mais, aujourd’hui encore, peu de gens connaissent le travail de Jacque Majorelle comme peintre. Ce qu’on connait, c’est son jardin », nous explique Abderrazak Benchaabane, ethnobotaniste et restaurateur du Jardin Majorelle. 

Et d’ajouter : « Cette œuvre naturelle qui a résisté depuis un siècle est celle qui est livrée à l’admiration du public aujourd’hui. C’est un jardin comme Majorelle l’a voulu : peint avec des couleurs. C’est pour cela qu’il y a une éclosion de couleurs extraordinaires dans ce jardin. Il a également voulu un jardin qui soit dans l’esprit des jardins de Marrakech : des jardins d’oasis caractérisés par des canaux d’eau, des bassins et beaucoup de palmiers. Un état d’esprit qui a été sauvegardé par toutes les personnes qui ont eu l’occasion d’intervenir et de le sauvegarder et le restaurer après la mort de Majorelle en 1962. » 

C’est en 1998 que Pierre Bergé, alors propriétaire des lieux avec Yves Saint Laurent, fait appel à Abderrazak Benchaabane pour restaurer les Jardins. Les travaux débutent en 2000 et durent plusieurs mois. Des installations d’irrigation innovantes sont installées. En plus des plantes exotiques si chères à Majorelle, d’autres espèces provenant des quatre coins du monde sont introduites. « Je me suis inspiré des traces laissées par Majorelle, des photographies, des factures, des correspondances. On voyait quelles plantes il préférait. C’est ce que j’ai essayé de faire pendant la restauration : respecter les grandes lignes qui ont été tracées par Majorelle et auxquelles moi aussi je rends hommage aujourd’hui. Il a livré à Marrakech une des œuvres artistiques naturelles, paysagères, les plus courues par des visiteurs du monde entier », ajoute Abderrazak Benchaabane.

Des jardins mythiques qui proposent aux visiteurs d’ici et d’ailleurs une collection inédite de cactus, agaves, palmiers, bambous et autres plantes aquatiques. Un espace de détente et d’inspiration à voir et à revoir…

Hicham Houdaïfa

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