Hydroquip, une entreprise française spécialisée dans les composants hydrauliques, qui travaille principalement avec le secteur automobile, vient de créer sa filiale au Maroc. Son Fondateur et Directeur, Jamal Hajji, veut saisir les opportunités offertes par la croissance du secteur automobile marocain. Il participe au salon de la sous-traitance automobile de Tanger, organisé par l’AMICA du 29 novembre au 1er décembre 2023.
Jamal El Hajji, Directeur de Hydroquip
Pourquoi avez-vous décidé de vous implanter au Maroc ?
L’entreprise, que j’ai fondée en 2008 à Vaulx-en-Velin dans la région lyonnaise, fabrique des flexibles hydrauliques et des composants hydrauliques. Ce sont des tuyaux qui servent à transporter tout type de fluides, de l’hydrogène jusqu’à l’alimentaire. Nous opérons principalement, dans le secteur automobile, sur tout ce qui est sous-traitance et sur la maintenance des outils de production. Nous intervenons beaucoup aussi en sous-traitance
pour le ferroviaire. Notre entreprise réalise un chiffre d’affaires d’un peu plus d’un million d’euros et emploie autour de 7 personnes.
Nous avons décidé de créer une filiale au Maroc en 2019 et commencé les démarches en 2020. Pendant la crise du Covid, nous avons suspendu le projet, que nous avons relancé fin 2022. Nous avons donc créé notre filiale marocaine début 2023, par l’intermédiaire de la CFCIM, sous la marque Europower. Nous démarrons tout juste notre activité. Avec cette filiale marocaine, nous souhaitons répondre aux besoins sur le marché marocain et en Afrique de l’Ouest, où nous avons déjà quelques clients. Le Maroc est une belle porte d’entrée pour le marché africain, tandis que le marché marocain lui-même a explosé. Nous voulons accompagner la montée en puissance de l’industrie marocaine et africaine.
Un événement comme le salon de la sous-traitance automobile de Tanger, auquel nous participons, permet de passer à la vitesse supérieure, de concrétiser des contacts. L’an dernier, pendant les Automotive Meetings Tangier-Med organisés par l’AMICA, beaucoup de gens s’étaient montrés intéressés par nos produits, qui sont parfois difficiles à trouver par ailleurs.
Ils estimaient qu’il était intéressant de disposer d’un fournisseur sur le territoire marocain. Ce genre d’événements joue un rôle crucial pour notre activité, car ils nous permettent notamment d’identifier la demande.
Où est implanté votre site de production marocain ?
Il se situe à Témara. L’idée était d’avoir une position relativement centrale. Elle nous permet d’être proches de l’écosystème automobile implanté à Kénitra et à Tanger. Nous pouvons aussi rapidement nous rendre à Fès, une plateforme ferroviaire qui monte en puissance. Nous ne sommes pas loin non plus de Casablanca et de Jorf Lasfar.
Au moment de choisir notre lieu d’implantation, nous avons hésité à nous installer dans les zones d’accélération industrielle de Kénitra ou de Tanger, car nous n’étions pas complètement sûrs de pouvoir assurer le pourcentage imposé de ventes à l’export, qui est aux alentours de 70 à 80 %. Si nous atteignons ce chiffre, nous réfléchirons alors à nous relocaliser.
Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées ?
L’aspect administratif a pris un peu de temps, cela a été une réelle difficulté. Mais le plus compliqué a été de trouver des locaux industriels. Ils sont assez rares, même si certaines zones industrielles proposent des formules intéressantes, principalement des terrains à la vente et non à la location. Nous ne nous attendions pas à des prix aussi élevés. Nous avons ainsi remarqué que la plupart des industriels construisent leurs locaux. C’est pourquoi nous avons opté dans un premier temps pour la location. Nous avons, en revanche, revu nos prétentions à la baisse en termes de surface, en nous limitant à 200 m2 afin de pouvoir démarrer l’activité plus rapidement. Par la suite, nous souhaitons nous positionner sur l’achat d’un terrain dans une zone industrielle pour pouvoir construire nos propres locaux.
Entretien réalisé par Rémy Pigaglio
