Promouvoir l’Afrique par le storytelling

L’UM6P Story School s’est jointe à la French-African Foundation pour lancer la première édition de Kessa. Objectif : raconter le Continent noir autrement.

« L’Afrique est un continent de voix, de mémoires et d’imaginaires. Dans ses villes, ses scènes, ses studios, ses laboratoires ou ses médias, émergent des récits puissants qui inspirent, bousculent les perceptions et montrent une Afrique en mouvement », peut-on d’emblée lire dans le site de Kessa. Mettre la narration et le récit au profit de l’Afrique, c’est donc l’ambition affichée par Kessa (histoire en arabe). Un projet qui a d’abord permis de repérer des voix créatives, de les accompagner grâce à une formation d’excellence, puis enfin de contribuer à la création d’une communauté panafricaine de créateurs, penseurs et narrateurs.

De nouveaux récits émergent

Kessa s’est concrétisé par une résidence immersive de six jours au Campus UM6P Story School à Rabat, fin mars dernier afin de former et accompagner trente talents émergents. Il s’agissait de professionnels africains de moins de 40 ans provenant de 14 pays africains et de la diaspora qui travaillent depuis au moins cinq ans dans des domaines de création. Avec des centres d’intérêt qui vont du cinéma au journalisme, en passant par la littérature, la création numérique, l’audiovisuel, la poésie, la musique, la photographie, le design, les archives, la recherche, l’innovation sociale ou le sport. Les participants ont bénéficié ainsi de masterclasses animées par des experts africains et internationaux de renommée, des ateliers pratiques sur l’écriture, l’image, le son, la narration digitale et la performance. Il a été aussi question de sessions collaboratives entre les participants et des rencontres professionnelles. Un accompagnement qui a permis aux participants de sortir avec des créations d’œuvres originales, sous la forme de vidéos, podcasts ou encore de textes. Pour cette première édition, l’UM6P Story Scool a reçu pas moins de 1900 candidatures. Les lauréats choisis d’avèrent être de jeunes talents déjà confirmés à l’échelle de leur pays, du Continent et parfois même mondialement. C’est le cas par exemple du Kenyan Mark Wambui, Storyteller et réalisateur émergent de Nairobi et, fondateur de la maison de production « Re-tuning Cinema in Africa » (RECA), de la nigériane Tejumola Maurice-Diya, historienne et entrepreneuse de la mode africaine et fondatrice de The Fashioned Museum ou encore de la Sierraléonaise Mankaprr Conteh, journaliste culturelle de renom qui a travaillé entre autres pour des revues comme Rolling Stone et Vogue. Côté marocain, Kenza Aloui, autrice, curatrice et opératrice culturelle faisait également partie de cette première cohorte à côté de Zouhair Khaznaoui, Storyteller, commissaire et entrepreneur culturel, et cofondateur du Festival international du conte.

Si cette première édition a permis une transmission de compétences de qualité et l’éclosion de nouveaux récits sur l’Afrique via différents médiums, elle a été aussi l’occasion d’un réseautage panafricain de talents. Elle a permis enfin à ces nouveaux récits africains d’emprunter différents canaux de diffusion, par le biais de la presse, la télévision et les plateformes digitales. Des narrations qui participeront à porter un autre regard sur l’Afrique…

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