Les campagnes de vaccination montent en puissance dans les pays riches

Le déploiement des vaccins, jugé trop lent, est toutefois critiqué dans plusieurs pays. Au Maroc, aucune date n’a encore été annoncée officiellement pour le début de la campagne de vaccination. Le HCP s’attend à une croissance au Maroc de seulement 0,5 % pour ce trimestre, alors que le CVE adopte de nouvelles mesures de soutien.

Après le coup d’envoi britannique en décembre, de nombreux pays ont démarré leurs campagnes de vaccination, même si elles concernent pour l’instant essentiellement les pays riches. Aux États-Unis, près de 10 millions de personnes avaient reçu au moins une première dose de vaccin mi-janvier. Mais le rythme de cette campagne est critiqué, alors que le Président Trump, vivement contesté après l’attaque du Capitole par ses partisans le 6 janvier dernier, doit passer la main à son successeur Joe Biden le 20 janvier. Ce dernier a promis d’accélérer le rythme. Le 12 janvier, le pays le plus endeuillé par l’épidémie a battu un record de décès en 24 heures avec près de 4 500 morts.

Dans l’Union européenne, près de 3 millions d’habitants ont été vaccinés mi-janvier, selon un décompte de l’AFP. Là aussi, les polémiques se multiplient en ce qui concerne le rythme de la vaccination, en particulier en France où à peine 138 000 personnes avaient reçu, au 11 janvier dernier, une dose de vaccin.

Le Royaume-Uni, qui a quitté l’UE début 2019, fait mieux : 2 millions de personnes ont été vaccinées. Mais c’est Israël qui réalise la campagne la plus impressionnante, avec déjà près de 2 millions de personnes vaccinées sur 9 millions d’habitants. En Chine, berceau de l’épidémie, plusieurs millions de doses auraient déjà été administrées, avant même le feu vert des autorités médicales, relaie l’AFP.

Pas d’immunité collective en 2021

La plupart des pays en développement n’ont toutefois pas pu lancer de campagnes de vaccination, faute d’avoir reçu des doses de vaccin. L’opération Covax, élaborée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), doit permettre d’assurer l’approvisionnement en vaccins dans les pays pauvres. Les premières doses vont commencer à arriver dans les prochaines semaines, a indiqué la responsable des vaccins à l’OMS, Kate O’Brien. Malgré ces efforts, l’immunité collective ne serait néanmoins pas atteinte dans le monde en 2021, selon la responsable scientifique de l’OMS Soumya Swaminathan, relayée par l’AFP.

Cette course à la vaccination intervient alors que l’apparition de nouveaux variants du coronavirus Sars-CoV-2 suscite une forte inquiétude. La détection de l’un d’entre eux mi-décembre au Royaume-Uni, qui connaît une flambée de l’épidémie, a entraîné la fermeture des frontières de nombreux pays, dont le Maroc, avec l’archipel. Un autre variant a également été détecté en Afrique du Sud.

« Amorce de baisse des cas graves » au Maroc

Au Maroc, la campagne de vaccination n’a toujours pas démarré alors qu’une toute première autorisation a été délivrée début janvier au vaccin du laboratoire anglo-suédois AstraZeneca et de l’Université d’Oxford. Mais aucune livraison n’a encore été annoncée. L’autre produit commandé par le Royaume, commercialisé par le laboratoire chinois Sinopharm, n’a pas encore été autorisé.

Sur le plan épidémiologique, les statistiques diffusées par le Ministère de la Santé semblent indiquer une situation tendue, même si la pression diminue peu à peu. Le nombre de cas actifs détectés est passé de 30 233 le 23 décembre à 18 654 le 12 janvier dernier, ces chiffres devant être relativisés en raison du faible nombre de tests réalisés. Invité sur la chaîne télévisée 2M le 6 janvier, le Pr Moulay Said Afif, Directeur du CHU Ibn Rochd à Casablanca, constatait une baisse significative du taux de positivité, mais seulement une « amorce de baisse des cas graves ».

Le 23 décembre, le Gouvernement a encore renforcé les mesures de restrictions en instaurant un couvre-feu sur tout le territoire national de 21 h à 6 h, la fermeture des restaurants, cafés et commerces à 20 h, l’interdiction des fêtes et regroupements, en plus des mesures déjà en vigueur. Une fermeture totale des restaurants pour une durée de trois semaines a aussi été édictée pour les villes de Tanger, Casablanca, Marrakech et Agadir.

0,5 % de croissance au premier trimestre

La crise continue de peser lourdement sur l’économie du Royaume. Début janvier le Haut-Commissariat au Plan (HCP) a estimé la croissance du quatrième trimestre 2020 à -5,5 %. L’institution anticipe en outre la croissance au premier trimestre 2021 à 0,5 %, signe que la reprise n’est que très partielle.

Le Comité de Veille Économique mis en place en mars 2020 par le Ministère de l’Économie, des Finances et de la Réforme de l’administration a d’ailleurs tenu, le 6 janvier, sa 11e réunion. Le Ministère a indiqué que la possibilité de souscrire à un crédit dans le cadre de la garantie Damane Relance (mise en place par la CCG en juin) serait prolongée jusqu’au 31 mars 2021. Les conditions pour y recourir ont de plus été assouplies.

Par ailleurs, les mesures de soutien au secteur du tourisme, de l’événementiel et des traiteurs, et des parcs d’attraction et jeux ont été prolongées jusqu’à la même date, notamment l’indemnité forfaitaire de la CNSS de 2 000 dirhams destinée aux employés. Cinq nouveaux contrats-programmes ont aussi été conclus pour les secteurs de la presse, des industries culturelles et créatives, des salles de sport privées, des crèches et des restaurateurs, sans détailler les mesures de soutien qu’ils prévoient.

Rémy Pigaglio

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