Les affrontements entre Israël et le Hamas à Gaza, déclenchés le 7 octobre dernier, ont des répercussions qui font peser une menace sur l’économie régionale. Dans une mise à jour spéciale de ses prévisions économiques pour le Moyen-Orient et l’Asie Centrale publiée fin janvier, le Fonds Monétaire International (FMI) décrit le conflit à Gaza et en Israël comme « un autre choc » pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.
« Il provoque d’innombrables souffrances humaines et exacerbe un environnement déjà complexe pour les économies proches et plus lointaines », indique le FMI. L’institution anticipe une croissance de l’économie régionale de 2,9 %, en retrait de 0,5 % par rapport à ses dernières prévisions en octobre. Cette révision à la baisse est justifiée par « les conséquences néfastes du conflit » et par
« des réductions volontaires supplémentaires de la production de pétrole ».
La situation sécuritaire en mer Rouge, notamment, pose la question de l’effet du conflit sur les coûts du transport de marchandises par voie maritime, alors que plusieurs navires ont été attaqués par les Houthis, qui contrôlent une partie du Yémen, en représailles des actions militaires israéliennes. Des attaques qui ont entraîné des frappes américano-britanniques sur leurs positions, mais aussi le déploiement de navires de guerre, principalement occidentaux.
Le commerce transitant par le canal de Suez représente 12 % du commerce mondial, 30 % du trafic mondial de conteneurs et 8 % du commerce de gaz naturel liquéfié. Fin février, la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement) évaluait que, suite aux attaques de navires en mer Rouge, les transits par le canal de Suez ont diminué de 42 %. Le FMI relève que plusieurs compagnies de transport maritime ont d’ores et déjà décidé d’emprunter des itinéraires alternatifs. Les tarifs pratiqués par les compagnies ont aussi fortement augmenté. Si l’impact sur le commerce mondial est encore limité, les institutions internationales appellent à vigilance.
Dans ses prévisions, le FMI alerte sur le fait que celles-ci sont très incertaines. Une aggravation ou une diffusion du conflit au-delà de Gaza et d’Israël ou une intensification des perturbations en mer Rouge pourraient avoir un impact économique sévère. En cas de conflit prolongé, les experts du FMI identifient une série de risques qui pèseraient alors sur les économies régionales : des difficultés de financement, des conséquences néfastes sur le commerce international, une augmentation des prix du pétrole, une exacerbation des tensions politiques et une vague de réfugiés.
À côté de ces facteurs d’inquiétude, les auteurs du FMI soulignent une bonne nouvelle : l’inflation a nettement diminué, soulageant les économies régionales, même si la situation est contrastée selon les pays. Aussi, l’organisation s’attend à une croissance forte dans les économies du Conseil de Coopération du Golfe.
Le FMI note enfin que, dans ce contexte difficile, il existe une « exception » au Maroc, dont la croissance aurait « accéléré » en 2023 à 3 %. Un résultat permis par d’importantes recettes liées au tourisme et par un rebond de la demande intérieure, alors que l’inflation a continué à décélérer.
