À l’issue du Conseil de Bank Al-Maghrib, qui s’est tenu le 20 décembre dernier, le taux directeur a été augmenté de 50 points de base en vue de le porter à 2,5 %. Le taux était déjà passé de 1,5 % à 2 % en septembre 2022. Dans un communiqué, l’institution a notamment expliqué sa décision par la forte inflation ainsi que par une conjoncture économique internationale marquée par la poursuite du conflit en Ukraine et les séquelles de la pandémie. Selon Bank Al-Maghrib, cette hausse vise à « prévenir tout désancrage des anticipations d’inflation et favoriser le retour de l’inflation à des taux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix ». La banque centrale s’attend par ailleurs à ce que l’augmentation des prix atteigne 6,6 % en 2022 (contre 6,3 % dans sa précédente prévision), alors qu’elle s’était limitée à 1,4 % l’année précédente. En 2023, l’institution s’attend à une inflation de 3,9 %, puis à un rebond à 4,2 % en 2024 « en lien avec la décompensation programmée des prix des produits subventionnés ». En outre, Bank Al-Maghrib prévoit 1,1 % de croissance en 2022, un net repli après un saut de 7,9 % en 2021. En 2023, l’économie nationale devrait renouer avec un rythme de croissance plus important, avec un taux de 3 % porté par une hausse de 7 % de la valeur ajoutée agricole, et ce, dans l’hypothèse où le pays retrouve une production céréalière moyenne. D’après ces projections, les activités non agricoles devraient en revanche connaître un ralentissement, « pâtissant en particulier de la détérioration de l’environnement externe ».
