L’Office des Changes a publié le 10 août 2026 une nouvelle circulaire encadrant la vigilance des sociétés holding offshore. Objectif : mieux prévenir les risques de blanchiment de capitaux au sein de ces structures.
La Circulaire n° 2/2026 relative aux obligations de vigilance et de veille interne incombant aux sociétés holding offshore vient d’être publiée par l’Office des Changes. Elle s’appuie sur la loi n° 43-05 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et sur la loi n° 58-90 relative aux places financières offshore. L’Office des Changes précise, dans son communiqué, que cette publication « s’inscrit dans le cadre de la mission de supervision et de contrôle des sociétés holding offshore » qui lui est confiée.
Ce texte s’inscrit dans un contexte plus large : sorti en février 2023 de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), le Maroc doit encore, à intervalles réguliers, démontrer la solidité de son dispositif de lutte contre le blanchiment, alors qu’une nouvelle réévaluation internationale se profile. Les sociétés holding offshore, structures parfois considérées comme plus exposées à ce type de risques, s’inscrivent naturellement dans le périmètre de cette vigilance accrue.
Une vigilance calibrée selon le risque de chaque société
Plutôt qu’un cadre uniforme, l’Office des Changes a choisi une approche par les risques. Chaque société holding offshore devra mettre en place un dispositif de vigilance à sa mesure, adapté à sa taille, à son activité et à son niveau d’exposition. Cela passe d’abord par une meilleure connaissance des clients et des bénéficiaires effectifs, puis par une vérification systématique de l’origine et de la destination des fonds. Il faudra aussi suivre et surveiller les opérations en continu, avec un œil particulièrement attentif sur celles jugées inhabituelles, complexes ou à risque élevé. Le communiqué évoque à cet effet une « vigilance renforcée » sur ce type de transactions.
La circulaire impose par ailleurs une nouveauté organisationnelle : chaque société holding offshore devra nommer en interne un responsable de la conformité, chargé, selon le texte, de « veiller à la mise en œuvre et au contrôle du dispositif de vigilance ».
À travers ce texte, l’Office des Changes dit vouloir « consolider la conformité, la transparence et la sécurité » des activités des holdings offshore. Une ambition à replacer dans un climat où les exigences internationales en matière de lutte contre le blanchiment ne cessent de se durcir, et où la crédibilité du dispositif marocain reste scrutée de près.
