Maroc-Afrique, les enjeux des PPP

L’Afrique représente un terreau fertile pour le développement des financements basés sur les Partenariats Public-Privé. Les besoins en infrastructures ne pouvant être financés par des budgets aux ressources limitées, les PPP restent une alternative pour la réalisation de projets structurants. Les enjeux sont considérables pour les entreprises marocaines qui peuvent saisir de véritables opportunités d’affaires.

L’Afrique est à un tournant de son décollage économique. Toutefois, pour y arriver, le continent doit d’abord, et surtout, gagner le pari des infrastructures. Ce qui est encore loin d’être le cas, sachant que le déficit en la matière (routes, autoroutes, chemins de fer, ports, eau et assainissement, etc.) est abyssal. Pour combler son retard, le continent doit investir chaque année 100 milliards de dollars dans les infrastructures, et ce, durant une décennie.

En raison des capacités de financements limitées, l’Afrique doit trouver des alternatives aux financements budgétaires pour réaliser ses projets d’infrastructures. Ainsi, à l’image du Maroc, de nombreux pays africains recourent aux PPP pour contourner la problématique du financement des chantiers.

« L’ancrage des PPP en Afrique est un défi que nous devons relever dans un contexte de contraintes budgétaires aiguës et de nouvelles ambitions pour l’émergence (…) », déclarait Macky Sall, le président du Sénégal, à l’ouverture officielle du Forum SENPPP Finance 2015. Soulignons que le Sénégal fait partie des précurseurs en matière de PPP et qu’il a déjà développé, dans ce cadre, plusieurs projets importants pour la gestion de services ou la construction d’infrastructures.
Une filiale de Dubaï Port World est, par exemple, concessionnaire depuis 2008 et pour 25 ans, du terminal à conteneurs du Port Autonome de Dakar. Idem pour l’autoroute à péage Dakar-Diamniadio-Aéroport international Blaise Diagne.

Des opportunités de développement des PPP

Aujourd’hui, dans de nombreux pays africains, les projets d’infrastructures, tels que les ports, aéroports, autoroutes, centrales électriques et hydroélectriques ont été réalisés grâce au partenariat avec le privé.

Cet engouement pour les PPP se justifie, d’une part, par une plus grande flexibilité des budgets publics, et d’autre part, par une optimisation des projets publics grâce à l’adoption des meilleures pratiques de la gestion privée en matière de qualité de services.

Pour le Maroc, l’enjeu du développement des PPP en Afrique est double. La multiplication des projets financés dans le cadre des PPP offre, tout d’abord, des opportunités d’affaires pour les entreprises marocaines de divers secteurs d’activités, notamment celles opérant dans le BTP, l’énergie ou encore la gestion des services publics. À ce titre, le Plan Sénégal Émergent, le Plan National de Développement (PND) 2016- 2020 de la Côte d’Ivoire et les politiques de mise en place d’infrastructures de base offrent de nombreuses opportunités de développer des projets en PPP.

Autre atout majeur à faire valoir par le Maroc, son expertise dans le domaine des PPP et la réalisation de projets d’envergure en matière d’infrastructures portuaires, aéroportuaire, mais également dans la construction de grandes plateformes solaires. Le tout aujourd’hui encadré par une loi organique qui comprend une réglementation pour le financement. Cela pourrait servir de référence pour les pays d’Afrique subsaharienne et ainsi constituer une opportunité pour les entreprises marocaines.

Les entreprises marocaines s’exportent

Conscientes de ces opportunités, un certain nombre d’entreprises marocaines se sont engagées depuis quelques années en Afrique et la tendance devrait se renforcer dans les années à venir. L’ONEE a d’ailleurs été l’un des précurseurs dans ce domaine. En 2007, à la tête d’un consortium marocain composé également de MedZ, Delta Holding et Novec, l’ONEE a signé un contrat d’affermage d’une durée de 10 ans. Le consortium a assuré, via sa filiale locale, la Camerounaise des Eaux (CDE), l’assainissement et la gestion de l’eau potable dans 105 localités.

Toujours au Cameroun, le Marocain Platinum Power a signé avec le gouvernement camerounais un contrat portant sur le développement, le financement, la construction et l’exploitation d’un complexe hydroélectrique d’une capacité estimée à 400 MW et pouvant produire plus de 1 600 GWh/an. Le contrat a été conclu en 2014 et les travaux de ce barrage, qui représentent un investissement de 800 millions d’euros, devraient démarrer cette année pour une mise en exploitation en 2023. Un contrat de vente d’électricité entre Platinum Power et Eneo Cameroun a été formalisé en avril dernier. Plus récemment, dans le cadre d’un PPP, Nova Power en Côte d’Ivoire, a signé avec le gouvernement ivoirien un contrat portant sur la conception, le financement, la construction, l’exploitation, l’entretien et le transfert de propriété d’une centrale solaire de 25 MW.

Un projet qui va nécessiter un investissement de 35,8 millions d’euros.

 

 

 

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