Le HCP se penche sur le profil sociodémographique de la zone touchée par le séisme d’Al Haouz

Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) a publié mi-novembre un rapport intitulé « Profil sociodémographique de la zone sinistrée suite au tremblement de terre survenu au Maroc le 8 septembre 2023 », qui se base en grande partie sur les données du recensement général de 2014. Dans ce document, le HCP montre notamment que toutes les communes des provinces d’Al Haouz et de Ouarzazate ont été touchées par le séisme, alors que c’est le cas de 91 % des communes de la province de Chichaoua, de 68 % de celles de la préfecture de Marrakech, de 64 % de celles de la province de Taroudant et de 23 % de celles de la province d’Azilal.

L’institution estime la population des zones touchées à 2,608 millions de personnes. Ces zones abritent une population fortement amazighophones. 66,9 % de la population utilise la darija, 64,7 % utilise le tachelhit et 2,1 % utilise le tamazight. « Il convient de noter que de nombreuses communes sinistrées comptent des habitants bilingues, maîtrisant à la fois le Tachelhit et la Darija, en raison de facteurs historiques, culturels et sociaux favorisant le bilinguisme au sein de ces communautés », décrivent les auteurs. De nombreuses données démontrent par ailleurs que la zone est économiquement et socialement défavorisée.

Ainsi, le HCP relève que 41,2 % de la population de la zone sinistrée est analphabètes, contre 32,2 % au niveau national, selon les données du recensement de 2014. Aussi, 44,4 % de la population de la zone n’a aucun niveau d’études. « En plus, presque la moitié des communes sinistrées affichent des proportions élevées, dépassant les 50 %, de personnes n’ayant aucun niveau scolaire », indique le document. Le HCP s’est aussi penché sur le type d’habitations de la zone. Ainsi, 42,5 % des logements de la zone sinistrée ont été construits à partir de béton armé, de briques en terre cuite et de parpaing, 34,6 % à partir de pisé et de briques de terre crue et 16,2 % à partir de pierres scellées avec de la terre. Aussi, selon le rapport, « Le bois récupéré, le bambou et l’herbe recouverts de terre sont les matériaux les plus utilisés dans la construction du toit dans la zone sinistrée ».

En matière de pauvreté, de fortes disparités existent entre les zones touchées par le séisme. Mais, les auteurs précisent : « En prenant en compte l’ensemble de la zone sinistrée, la moyenne du taux de pauvreté multidimensionnelle atteint 18,5 %, ce qui est nettement supérieur au taux national du Maroc, qui est de 8,2 %. » Le taux de vulnérabilité, c’est-à-dire les personnes qui pourraient tomber dans la pauvreté atteint quant à lui 21,5 %, contre 12,6 % pour la moyenne nationale.

Articles à la une