Un rapport de l’ONU pointe la fonte accélérée des glaciers à travers le monde

Selon un rapport publié en mars dernier par l’UNESCO et UN Water, le recul des glaciers s’accélère de manière dramatique à travers le monde en raison du changement climatique. Or, les glaciers contribuent jusqu’à 60 % des ressources en eau douce.

Véritables châteaux d’eau de la planète, les glaciers jouent un rôle primordial dans le stockage de l’eau douce. Selon les auteurs du rapport, les glaciers sont de plus en plus vulnérables aux effets du changement climatique qui accélère leur fonte et le dégel du pergélisol et diminue la couverture neigeuse. Par conséquent, l’eau qui ruisselle des montagnes a un débit de plus en plus irrégulier et imprévisible. 

Si l’ensemble des glaciers est concerné par le phénomène, les Alpes connaissent une fonte encore plus accélérée par rapport aux autres régions du monde. Pour sa part, la chaine des Andes, d’où proviennent 50 % des eaux du fleuve Amazone, a perdu entre 30 % et 50 % de ses glaciers depuis les années 80. Autres exemples cités dans le rapport, les glaciers des monts Kenya, Rwenzori et Kilimanjaro auront totalement disparu en 2040 si aucune mesure n’est prise. Appelé le « 3e pôle Â», le système regroupant l’Himalaya, l’Hindu Kush et le Karakoram pourrait quant à lui perdre 50 % du volume de ses glaciers, qui couvrent actuellement 100 000 km2, d’ici 2100. De plus, en montagne, les sols sont beaucoup plus vulnérables à l’érosion et aux glissements de terrain, d’où l’importance de préserver les forêts.

Une demande croissante en eau douce

Toujours selon le rapport, entre 2000 et 2021, les prélèvements d’eau douce ont augmenté de 14 % dans le monde, soit une hausse annuelle moyenne de 0,7 %. Cette hausse de la demande est principalement due aux pays qui connaissent un rapide développement économique. Les auteurs notent toutefois que les pays ayant la plus forte croissance démographique, notamment en Afrique subsaharienne, ne sont pas ceux qui consomment le plus, ce qui indique que beaucoup se trouvent en situation de stress hydrique. 25 pays, qui représentent un quart de la population mondiale, soit 4 milliards de personnes, connaissent une pénurie d’eau sévère au moins durant la moitié de l’année. 

D’après des estimations datant de 2021, c’est le secteur agricole qui prélève le plus de ressources en eau douce (72 %), suivi par l’industrie (15 %) et l’usage domestique et des collectivités (13 %). L’usage de l’eau varie selon le niveau de développement : les pays en développement ont tendance à utiliser davantage leurs ressources hydriques pour l’agriculture tandis que les pays développés les consomment principalement pour l’industrie.

Nadia Kabbaj

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