L’événement a réuni fin avril près de 300 chefs d’entreprise marocains et français à Rabat, en présence des Ministres de l’Économie marocain Nadia Fettah et français Bruno Le Maire. Le patron de Bercy, en visite pendant deux jours au Maroc, a multiplié les rencontres avec de hauts responsables.
Le Ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté Industrielle et Numérique Bruno Le Maire s’est rendu au Maroc les 25 et 26 avril derniers, alors que les visites ministérielles françaises se multiplient dans le royaume. Pendant ces deux journées au programme chargé, Bruno Le Maire s’est entretenu avec le Chef du Gouvernement Aziz Akhannouch, la Ministre de l’Économie et des Finances Nadia Fettah, le Ministre de l’Industrie et du Commerce Ryad Mezzour et le Ministre Délégué au Budget et Président du Comité Coupe du Monde 2030 Fouzi Lekjaa.
Le Ministre français de l’Économie est aussi intervenu à une conférence à l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) de Rabat sur le thème « Le partenariat Maroc-France en matière d’énergie, un atout pour l’Afrique et l’Europe », visité l’Institut de Formation Ferroviaire. Enfin, il a participé à la rencontre économique Maroc-France organisée par la CGEM et le Medef, les deux confédérations patronales des deux pays.
Cette visite a lieu alors que les deux pays montrent des signes de réchauffement des relations, après près de deux ans de froid diplomatique. « Je viens ici porter une renaissance des relations économiques entre le Maroc et la France », a notamment lancé Bruno Le Maire pendant la rencontre économique Maroc-France. De son côté, Nadia Fettah a estimé que « la France et le Maroc partagent une histoire profonde et des valeurs communes », ajoutant que « nous traversons des périodes de transformation qui exigent de l’innovation, de la créativité et de la collaboration ». « Notre capacité à surmonter [les défis mondiaux] dépendra du niveau de collaboration et du renouveau de notre partenariat commun sur des bases rénovées, équilibrées et mutuellement bénéfiques », a jugé la Ministre.
Nadia Fettah a par ailleurs rappelé que le Maroc accueille 1 300 filiales d’entreprises françaises, « ce qui fait du pays la première destination des investissements français en Afrique », et que les investissements marocains en France ont fortement augmenté ces dernières années, atteignant un stock de près de 2 milliards d’euros.
D’importants investissements en perspective
Le forum d’affaires a réuni près de 300 chefs d’entreprise marocains et français à l’hôtel Sofitel Jardin des Roses de Rabat. Le Président de la CGEM Chakib Alj, le Président du Medef Patrick Martin, le Directeur Général du Fonds Mohammed VI pour l’Investissement Mohamed Benchaaboun, le Directeur Général de Renault Group Maroc Mohamed Bachiri, le Président du Conseil d’Administration de Safran et Co-Président du Club des Chefs d’Entreprise France-Maroc Ross McInnes, ou encore le Directeur Général de l’AMDIE Ali Seddiki sont intervenus sur les enjeux énergétiques et alimentaires, sur la reconfiguration des chaînes de valeur, sur la formation et la digitalisation, notamment sous l’angle de la coopération Maroc-France.
Bruno Le Maire a saisi cette occasion pour mettre en avant la disponibilité de la France pour coopérer sur des enjeux cruciaux, notamment dans le domaine de l’énergie. Il a martelé que « le choix que nous faisons, c’est de renforcer les liens économiques avec le peuple marocain et le Maroc ». Le Ministre souhaite ainsi mettre en œuvre des projets communs dans le domaine des énergies renouvelables et de l’hydrogène, mais aussi dans le nucléaire. Plus particulièrement, Bruno Le Maire espère que la France et le Maroc coopèrent dans le développement des SMR, ces petits réacteurs nucléaires que le Président de la République Emmanuel Macron a annoncé vouloir développer en 2021.
Le Ministre de l’Économie a aussi mis en avant d’autres domaines de coopération : la Coupe du monde de football 2030, le ferroviaire, l’automobile mais aussi l’aéronautique. Sa visite a également été l’occasion de faire plusieurs annonces. Bruno le Maire a ainsi indiqué que l’Agence Française de Développement (AFD) travaillait avec l’OCP en vue de lui octroyer un prêt de 350 millions d’euros pour appuyer le programme d’investissements verts du groupe, en particulier dans l’hydrogène, les énergies renouvelables et la formation à travers l’UM6P (Université Mohammed VI Polytechnique).
Par ailleurs, Bpifrance et InnovX – une filiale de l’UM6P – lancent un programme d’accompagnement dédié à la décarbonation du groupe OCP et à ses ambitions dans la filière de l’hydrogène vert. Enfin, l’Institut de Recherche en Énergie Solaire et Énergies Nouvelles (Iresen) et la SATT Paris-Saclay (une entreprise de l’Université Paris-Saclay, du CNRS, de l’Institut Polytechnique de Paris et Bpifrance) vont s’associer pour faire émerger deux ou trois projets franco-marocains de recherche appliquée et d’innovation dans la filière de l’hydrogène décarboné, en s’appuyant sur un soutien public de 800 000 euros.
Bruno Le Maire a aussi confirmé, au cours de sa visite, l’autorisation donnée à la France à Proparco et à la Bpifrance de financer les entreprises qui construiront la ligne à haute tension – ou « autoroute électrique » – qui doit relier Dakhla à Casablanca. La décision avait été annoncée pendant la venue du Ministre Délégué au Commerce Extérieur, à l’Attractivité, à la Francophonie et aux Français de l’Étranger Franck Riester à la CFCIM, lors de sa visite au Maroc début avril.
