Marché boursier : bilan 2022 et perspectives 2023

Marquée par les retombées de la crise sanitaire et le conflit en Ukraine, l’année 2022 a été difficile pour les marchés financiers. La société de bourse M.S.IN fait le point sur l’année écoulée et présente les perspectives 2023.

Après la reprise économique rapide de 2021 (+5,8 %) qui a suivi la récession de 2020 (-3,5 %), l’économie mondiale a connu une accélération de la spirale inflationniste en 2022. Cette inflation a été notamment induite par les répercussions de la crise sanitaire, ainsi que par la guerre en Ukraine qui a amplifié les tensions sur les prix de l’énergie, et plus particulièrement sur les prix du pétrole et du gaz. Dans ce contexte, pour lutter contre cette inflation galopante, les banques centrales ont amorcé en 2022 un resserrement de la politique monétaire. Cela s’est traduit par une remontée des taux d’intérêt qui a elle-même engendré un ralentissement de la croissance économique. Au niveau national, l’activité économique a été impactée par l’effet conjugué de l’inflation et des effets négatifs de la sécheresse.

Marchés boursiers internationaux

Dans un contexte économique mondial marqué par la hausse de l’inflation et des coûts pour les ménages et les entreprises, le resserrement massif des politiques monétaires, la guerre en Ukraine, les problèmes d’approvisionnement et le ralentissement de la croissance mondiale, les marchés boursiers internationaux n’ont pas pu poursuivre leur progression en 2022 et bouclent leur pire année depuis 2008. L’indice MSCI Monde a diminué de 17,4 % au cours de l’année. Quant aux obligations, elles sont également impactées par ce contexte difficile. Leurs prix variant en sens inverse de celui des taux d’intérêt, leur valeur a donc baissé face au resserrement monétaire des banques centrales. Ces dernières ont, en effet, renchéri le coût du crédit pour ralentir la demande et lutter contre l’inflation. 

Principaux indices boursiers internationauxSource : M.S.IN & BLOOMBERG

Évolution du marché boursier marocain en 2022

À l’instar des marchés boursiers internationaux, le marché boursier marocain n’a pas pu poursuivre son mouvement de rattrapage entamé depuis le quatrième trimestre 2020. Après avoir enregistré une progression de 18,3 % en 2021, il a en effet reculé de 19,7 % en 2022 pour s’établir à 10 720,25 points. Cette évolution négative s’explique par différents facteurs. Le premier est la remontée soudaine de l’inflation et de l’aversion au risque du fait de la guerre en Ukraine, ce conflit ayant entrainé un resserrement monétaire de la part des banques centrales. Autres raisons, la hausse des taux d’intérêt sur le marché obligataire ainsi que l’augmentation, à deux reprises au cours de l’année, du taux directeur qui a finalement été porté à 2,5 % en décembre 2022. Enfin, la dernière cause de la contre-performance du marché boursier marocain est la mauvaise campagne agricole 2021-2022, durement touchée par la faible pluviométrie. Le contexte inflationniste défavorable ainsi que les répercussions négatives de la sécheresse ont impacté la profitabilité des sociétés cotées au premier semestre 2022. La masse bénéficiaire globale, quant à elle, enregistre une baisse de 3,2 % par rapport au 1er semestre 2021 pour atteindre 14,2 milliards de dirhams.

Perspectives 2023

En 2023, les organismes internationaux s’attendent à ce que l’économie mondiale enregistre un nouveau ralentissement tandis qu’un rétablissement progressif est prévu à partir de 2024. Selon l’OCDE, la croissance mondiale devrait plafonner à 2,2 % en 2023 pour redresser légèrement en 2024 et atteindre 2,7 %. De son côté, l’inflation devrait baisser au fur et à mesure à un taux de 6,6 % en 2023 puis à 5,1 % en 2024.

En ce qui concerne le Maroc, les prévisions économiques pour l’année 2023 tiennent compte de cette croissance mondiale modeste, du ralentissement de la demande adressée au Royaume, ainsi que le maintien à un niveau élevé des prix des matières premières. Ces projections se basent également sur l’hypothèse d’une production céréalière moyenne et prennent en considération la reconduction de la politique budgétaire en vigueur en 2022. Selon ses prévisions publiées le 20 décembre dernier, la banque centrale anticipe en 2023 une croissance de 3 % du PIB et une inflation de 3,9 %. Toujours d’après Bank Al-Maghrib, l’économie marocaine devrait enregistrer un nouveau rebond en 2024 pour atteindre 4,2 %, notamment du fait de la décompensation programmée des prix des produits subventionnés. 

Noufle Aouragh et Nouhaila Bichri

Département Analyse & Recherche, M.S.IN. Société de bourse

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