Le FMI se penche sur l’état de l’économie marocaine

Une équipe du Fonds Monétaire International (FMI) s’est rendue au Maroc du 19 octobre au 2 novembre dernier dans le cadre de l’article IV des statuts de l’organisation, qui prévoit un contrôle du régime de change des États membres. Dans un communiqué de presse publié à la fin de la mission, le FMI a indiqué qu’il estimait que la croissance au Maroc se situerait cette année entre -6 % et -7 %, en raison des effets combinés de la sécheresse et de la pandémie de Covid-19.

Il s’attend également à une aggravation du chômage et des déficits fiscal et commercial. En 2021, la croissance devrait atteindre 4,5 %, mais cette estimation pourrait évoluer à la baisse en fonction de l’évolution de la situation ces prochains mois.

Néanmoins, la bonne tenue des transferts financiers des Marocains de l’étranger et la baisse des importations ont permis d’éviter le trop grand recours aux emprunts à l’étranger. Le niveau des réserves internationales reste confortable également grâce à une sortie à l’international du Trésor et à l’activation par le Gouvernement de la ligne de précaution et de liquidité du FMI.

L’institution de Bretton Woods « salue les mesures mises en place par les autorités pour soutenir la reprise en 2021 », prévues par le projet de Loi de Finances 2021. Alors que d’importantes dépenses et une réduction des recettes vont encore creuser le déficit de l’État, les experts du FMI recommandent de commencer à réduire le ratio dette publique-PIB à partir de 2022. Une recommandation qui pourrait évoluer au vu des incertitudes qui pèsent encore sur la période à venir.

Au-delà des mesures déjà prévues, les membres de la mission recommandent d’élargir l’assiette fiscale, d’améliorer la progressivité de l’impôt, de rationaliser les dépenses publiques par une réforme de l’administration, en plus du programme de privatisations annoncé, pour gagner des marges de manœuvre fiscales et financer l’extension de la protection sociale annoncée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Le FMI salue aussi les mesures prises par Bank Al-Maghrib pendant la crise, en particulier sa « politique monétaire accommodante ». Il plaide pour qu’une plus grande flexibilité du régime de change du dirham soit mise en place. Pour rappel, Bank Al-Maghrib a débuté une politique de flexibilisation en 2018, dont une étape supplémentaire a été franchie en mars dernier.

Les membres de la mission jugent qu’il est aussi indispensable d’avancer dans le domaine des réformes structurelles. Ils estiment que les annonces faites ces derniers mois sont positives en ce qui concerne la généralisation de la protection sociale, la réforme du secteur des entreprises publiques ou encore la digitalisation de l’administration publique et la simplification de ses procédures.

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