Le chantier de l’officialisation de l’amazigh poursuit sa montée en puissance au sein des administrations publiques. À Salé, le vendredi 12 juin, à l’occasion de la clôture d’une session de formation destinée à des fonctionnaires de plusieurs départements ministériels et institutions publiques, la ministre de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a dressé un état des lieux des avancées réalisées ces dernières années.
Le gouvernement affirme avoir engagé une démarche structurée pour renforcer la présence de l’amazigh dans les services publics. À ce jour, 73 conventions de partenariat ont été conclues avec des administrations et institutions publiques, tandis que 25 plans d’action ont été élaborés pour accompagner la mise en œuvre du caractère officiel de cette langue. L’un des axes prioritaires concerne l’accueil des usagers : 491 agents amazighophones ont ainsi été mobilisés dans différentes administrations à travers le Royaume afin d’assurer l’orientation du public dans les variantes Tarifit, Tachelhit et Tamazight.
L’intégration de l’amazigh se traduit également dans l’environnement visuel des services publics. Près de 4 000 panneaux et plaques de signalisation comportent désormais des inscriptions en caractères tifinagh, tandis que quelque 592 véhicules relevant d’administrations publiques affichent cette signalétique. Dans le même esprit, un glossaire administratif de 7 949 termes a été élaboré afin de faciliter l’usage de l’amazigh dans les documents officiels et les échanges administratifs.
La transformation numérique constitue un autre levier de cette politique. Plusieurs contenus institutionnels ont été traduits en amazigh et une étude a été menée pour évaluer le niveau d’intégration de cette langue dans les sites web des administrations publiques. Une plateforme d’apprentissage à distance a également été développée en partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale.
Si les avancées sont réelles, des défis subsistent. Le recteur de l’Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM), Ahmed Boukouss, a notamment plaidé pour un renforcement de l’interprétariat dans les secteurs de la santé, de la justice, de la sécurité et des collectivités territoriales. Il a également souligné l’importance d’accompagner le développement d’outils numériques et de solutions d’intelligence artificielle capables de traiter les caractères tifinagh, un enjeu appelé à prendre une importance croissante dans la modernisation des services publics.
