La mode, un vecteur de créativité et un levier de croissance pour l’Afrique, selon l’UNESCO

L’UNESCO a présenté fin octobre dernier un rapport consacré à la mode en Afrique, un secteur encore trop peu développé et qui offre pourtant des opportunités considérables pour le continent. « La mode est aujourd’hui pour l’Afrique un puissant levier de créativité et de développement économique, d’innovation, pourvoyeur d’emplois, en particulier pour les femmes et les jeunes », estime, en préface du document, la Directrice Générale de l’Unesco Audrey Azoulay.

Baptisé « Le secteur de la mode en Afrique. Tendances, défis et opportunités de croissance », le rapport, disponible sur le site de l’UNESCO, présente un secteur « en plein essor » qui fait néanmoins face à de nombreux obstacles. Si le marché du textile et de l’habillement est estimé à 31 milliards de dollars en 2020 en Afrique, les importations restent majoritaires. Pourtant, le développement rapide de la classe moyenne africaine a stimulé la filière ces dernières années et les créateurs sont de plus en plus nombreux. Au point que 32 pays africains organisent une Semaine de la mode (ou Fashion Week).

Le continent dispose de nombreux atouts : la production de coton (37 pays sur 54 sont producteurs), l’attrait croissant, notamment des jeunes, pour le made in Africa, la forte progression du commerce en ligne… Les personnes interrogées par les auteurs du rapport ont identifié trois principaux défis : le manque d’investissements publics et privés, le manque de possibilités d’éducation formelle, et le coût de la disponibilité des textiles locaux. L’UNESCO pointe aussi « la mosaïque disparate des politiques de soutien », « la mise en œuvre insuffisante des droits de propriété intellectuelle », ou encore « les préoccupations environnementales ».

L’agence onusienne se penche également sur la situation en Afrique du Nord et au Maroc en particulier. Elle relève que les politiques mises en place dans le Royaume « semblent particulièrement favorables », ce qui a favorisé l’émergence de marques dont certaines « ont prospéré à l’échelle mondiale ». Les auteurs font une série de recommandations pour faire de la filière un levier de croissance : mettre en place des politiques holistiques et inclusives pour l’écosystème de la mode, garantir une rémunération équitable et un travail décent dans le secteur de la mode, promouvoir des investissements structurés et le développement des infrastructures dans l’ensemble de l’écosystème et ouvrir la voie à une mode durable.

Articles à la une