La Banque mondiale anticipe 3,1% de croissance au Maroc en 2023 et avertit sur les « risques élevés » pour l’économie

Selon un rapport de suivi de la situation économique du Maroc publié mi-février par la Banque mondiale, la croissance de l’économie marocaine devrait atteindre 3,1 %, en 2023 après avoir connu une forte décélération en 2022 (croissance estimée à 1,2 %). Les risques restent élevés en raison des effets de la guerre en Ukraine, du ralentissement de l’économie mondiale, ou encore de l’impact de potentiels chocs climatiques.

L’institution constate notamment, dans le résumé du document, que les « ménages pauvres, vulnérables et ruraux souffrent de manière disproportionnée de l’impact de la poussée inflationniste ». Ses calculs montrent que « l’inflation annuelle peut être 30 % plus élevée pour le décile le plus pauvre que pour le décile le plus riche ». Cet écart est dû principalement à l’impact de la hausse des prix des produits alimentaires, qui constituent la part la plus importante du panier de consommation des ménages les plus pauvres. La Banque mondiale relève néanmoins que le Gouvernement « a répondu aux chocs d’offre actuels par un ensemble de mesures visant à préserver le pouvoir d’achat des ménages par le biais des subventions de prix qui ont été coûteuses », via notamment le maintien des prix réglementés et l’appui financier à certains secteurs. Ces dépenses publiques ont représenté près de 2 % du PIB. L’institution plaide, à l’avenir, pour un meilleur ciblage des instruments de protection sociale.

En effet, une « part disproportionnée des ressources publiques nécessaires pour soutenir les subventions des prix non ciblés du Maroc profite aux ménages les plus riches, qui, en termes absolus, consomment davantage de biens subventionnés ». La Banque note que Bank Al-Maghrib a, de son côté, opté pour la « prudence » en relevant les taux directeurs, même si la politique monétaire reste
« accommodante ». Dans le rapport, elle plaide pour l’adoption de mesures structurelles « visant à assouplir les contraintes d’offre », afin de lutter contre l’inflation, notamment en remédiant aux goulots d’étranglement du marché alimentaire.

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