Le Maroc est touché depuis 2019 par une sécheresse sans précédent et a dû largement puiser dans ses réserves qui sont désormais au plus bas. Dans un point presse organisé à l’issue du Conseil de Gouvernement du 21 décembre dernier, Nizar Baraka, Ministre de l’Équipement et de l’Eau a déclaré « Nous sommes dans une phase critique après trois années de sécheresse successives », relayé par l’agence MAP. Selon le Ministre, les précipitations des trois derniers mois n’ont pas dépassé la moyenne de 21 mm, soit 67 % de moins par rapport au volume des précipitations durant la même période d’une année normale.
Par ailleurs, toujours au cours des trois derniers mois, les entrées d’eau au niveau des barrages n’ont pas dépassé 519 millions de m3. À titre de comparaison, durant la même période l’année dernière, les entrées d’eau s’élevaient à 1,5 milliard de m3, ce qui représente une baisse drastique de deux tiers. Cette diminution a concerné l’ensemble des principaux barrages.
D’après Nizar Baraka, les températures élevées ont accentué l’évaporation au niveau des barrages qui enregistrent aujourd’hui un taux de remplissage particulièrement bas. Aujourd’hui, il ne dépasse pas 23,5 %, contre 31 % l’année dernière à la même période.
Le Ministre a également rappelé les mesures adoptées récemment en vue de faire face à la pénurie, telles que la connexion entre les bassins de Sebou et du Bouregreg, l’accélération des projets de stations de dessalement d’eau de mer ou encore la fermeture des puits illégaux. Il a aussi annoncé « des coupures d’eau » qui « si nécessaire […] seront opérées au niveau local, en fonction de l’évolution de la situation au niveau de chaque commune ou ville ». Les comités régionaux prendront ainsi « toutes les mesures nécessaires pour garantir la rationalisation de la demande en eau et la bonne utilisation des ressources disponibles ».
D’après Nizar Baraka, en lançant cette « alerte précoce », le gouvernement souhaite être proactif et prendre les mesures nécessaires, notamment afin d’améliorer l’efficacité hydrique et de limiter les gaspillages. Objectif prioritaire : assurer l’approvisionnement en eau potable de la population ainsi que l’approvisionnement en eau des agriculteurs afin d’assurer la sécurité alimentaire.
