Comment intégrer efficacement les principes ESG au cœur de la stratégie d’entreprise et en faire une culture vivante au sein des entreprises afin de créer de la valeur durable ?

Widad Azzam Lahlou 
Directrice générale de Africa Technologies & services, filiale de la Société Générale

Dans un environnement en constante évolution, les entreprises sont de plus en plus attendues sur leur capacité à contribuer à un avenir durable, à générer un impact positif et à répondre aux attentes de leurs parties prenantes.

C’est dans ce contexte que l’intégration des principes ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) prend tout son sens : il devient un levier stratégique majeur pour assurer la compétitivité, la résilience et la pérennité de toute organisation. L’ESG n’est pas un projet à mener, ou même un objectif à atteindre, voué à être « évalué et classé » à la fin de l’année. Si nos entreprises en sont conscientes, alors un mouvement global et puissant va nous propulser tous ensemble vers l’avant. L’enjeu pour l’entreprise est de taille, car il s’agit d’un vrai levier de compétitivité dans un monde où le régulateur, le consommateur, le partenaire commercial ou financier deviennent de plus en plus sensibles au degré d’intégration de l’ESG dans la stratégie de l’entreprise, mais aussi dans ses décisions d’achat, de vente, de production, de gestion des ressources. Ceci est plus visible dans les entreprises exposées à un environnement international, mais qui importent ces exigences puisqu’elles collaborent avec de nombreux partenaires ou fournisseurs dans leur environnement local. 

Quels sont les leviers efficaces qui permettent de faire de l’ESG une culture vivante ? 

Il n’y a pas de check-list ESG, mais bien au contraire, comme nous le disions un terrain propice à l’innovation, qui en intégrant les principes ESG, stimule les idées et l’intelligence collective, encourage l’inclusion, renforce la cohésion sociale et participe activement à l’amélioration de la qualité de vie des communautés. Cela implique une transformation en profondeur de la culture d’entreprise car l’ESG ne doit pas seulement être perçu comme une initiative périphérique, mais devrait faire partie de la stratégie d’entreprise ; Et réussir ce virage, c’est d’abord adopter une vision globale. Cela commence par une stratégie claire, alignée avec la mission et les ambitions de l’entreprise. Elle doit traduire les priorités ESG en actions concrètes, mesurables et impactantes comme la réduction de l’empreinte carbone, la diversité et inclusion, la gouvernance transparente, l’éthique, etc. Cependant, une stratégie seule ne suffit pas. Encore faut-il que la gouvernance suive. L’implication du top management est essentielle pour donner de la légitimité et inscrire l’ESG dans les décisions clés en mettant l’accent sur l’exemplarité, la transparence et la rigueur pour donner une cohérence d’ensemble.

Vient ensuite la définition d’objectifs clairs. Ils permettent de transformer les ambitions ESG en actions concrètes. Des objectifs ESG clairs transforment une intention stratégique en moteur d’action. Sans cibles précises, les initiatives restent souvent floues ou ponctuelles. Les objectifs définissent où l’entreprise veut aller, à quel horizon, et avec quels moyens, facilitant ainsi la planification stratégique et la priorisation des actions. Enfin, pour piloter et progresser il est important de mesurer. En effet, cette évolution ne peut être menée sans une approche rigoureuse de la mesure et de l’évaluation. Mettre en place des indicateurs clairs, suivre les progrès réalisés, évaluer l’impact social ou environnemental des actions engagées, ajuster la stratégie si nécessaire et communiquer régulièrement sur ces résultats sont autant d’étapes essentielles pour piloter efficacement la transformation. La transparence devient ainsi un vecteur de confiance et un facteur de différenciation sur le marché. Enfin, il ne faut pas oublier un levier important pour réussir ce virage : l’humain. L’ESG ne peut pas être piloté uniquement par un département ou une direction, il doit être incarné par l’ensemble de l’organisation. Il s’agit aussi de créer des espaces de coordination où toutes les fonctions -RH, finance, métiers, communication…- collaborent sur des objectifs communs. Pour que l’ESG devienne une culture vivante, il est indispensable de former, sensibiliser et impliquer les collaborateurs, pour agir en reconnaissant leur rôle dans cette démarche. Des ateliers internes, des initiatives participatives permettent d’ancrer durablement les comportements responsables dans le quotidien professionnel et de faire de l’ESG une composante naturelle du fonctionnement de l’entreprise. En somme, l’intégration de l’ESG représente une opportunité stratégique pour repenser la création de valeur. Elle pousse les entreprises à innover, à diversifier leurs modèles, à renforcer leur performance globale et à aligner leurs ambitions avec les attentes de la société. L’ESG n’est pas une fin en soi, mais un véritable moteur de transformation. En le plaçant au cœur de leur stratégie, les entreprises qui font ce choix ne se contentent pas d’être performantes : elles deviennent inspirantes, attractives et durables, elles construisent non seulement leur propre avenir, mais contribuent également activement à celui du monde dans lequel elles évoluent.

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