Malikates : quand l’aventure se joue au féminin

Révélation de l’année 2022, le long métrage « Reines » ou « Malikates », a eu le mérite deproposer des représentations différentes de la femme marocaine. Un Road movie dont la sortie cinéma est prévue, courant 2023.

Ce film a déjà marqué les esprits avec deux projections. D’abord en septembre dernier, lors de la 79e Mostra de Venise, en clôture de la 37 semaine internationale de la critique. Puis, deux mois plus tard, lors de sa première projection au Maroc à l’occasion des « Séances spéciales » de la 19e édition du festival international du Film de Marrakech. Le public est venu en grand nombre à ces deux rendez-vous et le succès a été total.

Un vieux camion Berliet…

Une consécration pour Yasmine Benkiran, cette réalisatrice franco-marocaine qui en est à sa première expérience en réalisation de long métrage. « Reines » est un cocktail de plusieurs genres cinématographiques. On y retrouve beaucoup d’aventure, mais également du romanesque et du dramatique. C’est surtout un road movie qui met en scène trois Casablancaises poursuivies par la police. Une cavale qui va mener nos protagonistes vers les contrées les plus éloignées du royaume. « Nous avons tourné avec un vieux camion Berliet de près de 15 tonnes sur des décors situés parfois à sept heures de route les uns des autres : entre Casablanca, la montagne, le désert et l’océan. Un tournage majoritairement en extérieur avec une météo capricieuse : dans le Sud, la brume était parfois si épaisse qu’on ne voyait rien à un mètre. Et nous n’avions que cinq semaines de tournage. Disons que pour un premier film, la tâche n’était pas simple », expliquait Yasmine Benkiran, à la sortie du film. Vous l’aurez compris, de l’aventure est au rendez-vous avec tous les ingrédients du genre : scènes d’action, braquage, évasion, mais aussi une complicité entre trois êtres, une famille qui s’est construite en cours de route.
Les trois héroïnes du film, Zineb (évadée de la prison), Inès (fille de Zineb) et Asma (mécanicienne) ne manquent pas de nous rappeler d’autres personnages similaires dans le septième art mondial, avec Raya et Sekina dans le cinéma égyptien et surtout Thelma et Louise, chez les Américains. « Reines s’inscrit dans une tradition de road movie pour la plupart américains. Cela n’est pas un hasard si les road movies sont souvent centrés sur la notion de liberté avec des personnages au volant, seuls dans des paysages immenses, le sentiment de liberté est palpable.

Reines s’inscrit dans cette continuité et s’amuse avec les codes et les archétypes du genre dans un second degré assumé », commentait Yasmine Benkiran sur cette question. En tout cas, la thématique de la liberté est pleinement assumée dans le film ainsi que le désir de décrire d’autres destins de femmes que ceux véhiculés par les productions nationales. « Reines » donne une place de choix aux personnages féminins. Même si le film laisse à voir des personnages masculins, parfois toxiques, parfois bienveillants. Comme dans la vraie vie…

Hicham Houdaïfa

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