Dialogue social : la CGEM fixe ses quatre priorités

La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a rencontré le 3 novembre à Casablanca Abderrahim Chahid, ministre de l’Emploi et du Dialogue social. Au menu : l’emploi des jeunes, les besoins en recrutement des entreprises et une feuille de route pour le dialogue social tripartite.

L’emploi des jeunes a ouvert les échanges. L’économie marocaine entre, selon la Confédération, dans une nouvelle phase de croissance. La CGEM a réaffirmé l’engagement du secteur privé à investir et à créer des emplois durables dans l’ensemble des territoires. Encore faut-il que ces investissements profitent aux jeunes. D’où la nécessité, pour la CGEM, d’anticiper les besoins en compétences des entreprises et d’adapter l’offre de formation en conséquence. Les échanges ont mis en lumière un paradoxe du marché du travail : de nombreux jeunes cherchent un emploi, tandis que des entreprises peinent à recruter. Les participants ont donc évoqué les moyens de mieux faire connaître les métiers qui recrutent et de rapprocher candidats et employeurs. Ils ont aussi souligné la nécessité de tenir compte des nouvelles attentes des jeunes vis-à-vis du travail.

Quatre chantiers pour le dialogue social

Sur le dialogue social, la Confédération a mis en avant quatre priorités. La première est la modernisation du Code du travail. La CGEM souhaite rouvrir avec les partenaires sociaux l’examen de ses propositions pour mieux encadrer les différentes formes d’emploi et d’organisation du travail, notamment dans les activités saisonnières ou organisées par projet. Elle entend garantir à la fois la protection des salariés et la sécurité juridique des entreprises. La deuxième concerne la formation continue, dont le dispositif actuel touche moins de 1 % des entreprises cotisantes. La CGEM demande de concrétiser l’accord d’avril 2026 prévoyant une gouvernance distincte de celle de l’OFPPT. Cela passe par la révision de la loi 60-17 et la simplification de l’accès à la formation.

Sur les retraites, elle plaide pour une reprise des travaux de la commission technique selon un calendrier précis. L’objectif est d’assurer la pérennité financière des régimes et l’équité entre générations, tout en maîtrisant les effets de la réforme sur le coût du travail et la compétitivité des entreprises. Enfin, la Confédération appelle à achever la mise en œuvre de la loi organique sur le droit de grève. Il reste à publier les textes d’application, notamment ceux relatifs au comité de grève et au service minimum dans les secteurs vitaux. À l’issue de la rencontre, la CGEM a proposé au ministre de convenir d’une feuille de route tripartite fixant, pour chaque chantier, les priorités, le calendrier et les modalités de travail.

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