Un Batma pas comme les autres ! 

Auteur, compositeur, et interprète, Tarik Batma revient au-devant de la scène avec deux singles. Portrait d’un artiste au talent incontesté.

Il est le fils de Mohammed Batma, un des leaders de formations mythiques comme Tagada et Masnaoua, mais aussi de Saïda Birouk, la voix féminine et une des fondatrices de Lemchaheb. Il est également le frère de Khansa, chanteuse et actrice de renom. Enfin, son oncle n’est autre que Larbi Batma, le défunt leader charismatique des fameux Nass el Ghiwane. 

Tanjazz, Mawazine… 

Autant dire que Tarik Batma a de qui tenir. Pourtant, tout en revendiquant cet héritage des « Ghiwane », il a toujours conçu sa musique autrement, dans ce registre qui lui est très cher de la fusion. Son premier album, « Casablanca », sorti en 1996 donne le ton, avec des influences diverses, marocaines certes, mais également jazzy, funk, reggae et rock. Il est d’ailleurs un des précurseurs de cette nouvelle scène casablancaise, qui allait trouver sa place naturelle dans ce qui deviendra par après Le Boulevard. En 2000, Tarik Batma se fait connaitre chez le grand public avec « Sahra Bladi ». « Depuis le début de ma carrière et comme je porte le nom de Batma, un certain public nostalgique de cette époque était en attente d’une musique en continuité avec cet héritage. Alors que moi, je voulais faire autre chose même si, pour ce qui est des textes, j’ai toujours été un adepte de la poésie marocaine, le zajal, que mon père maîtrisait à merveille », nous explique Tarik. Depuis, notre artiste n’a jamais cessé de créer de la musique avec des morceaux à succès comme « Ach Blani Bik », « Hiwaygua », « En avant » ou encore « Vivavay », une belle balade jazzy réalisée en collaboration avec Yassin El Bouzidi. « A la base, je suis un artiste d’albums, avec une thématique et une identité musicale. Mais, dernièrement la tendance au Maroc a changé et donc j’étais obligé de suivre la mode et donc sortir des singles tous les deux, trois mois », explique notre artiste. Tarik Batma s’est produit sur toutes les scènes qui comptent : le festival d’Essaouira, le Boulevard, Tanjazz, le festival de Casablanca ainsi que Mawazine. En 2021, il tente l’aventure. Il s’installe à Paris et se produit partout en France, en compagnie de Saïd Mesnaoui qui travaille dans le registre du Gnaoua Fusion. Tarik passe dans toutes les radios de France : Beur FM, Radio Monte Carlo, Radio Soleil… Il multiplie les collaborations musicales notamment à Valenciennes, Lille ou en Belgique, avant de retourner au Maroc en 2024. En 2026, et à 50 ans, il nous revient avec deux belles compositions « El Hayek » et « Fdouli ya Galbi » un duo avec l’artiste Niwal (Nawal Bousnini), que l’on peut écouter dans les sites de streaming ainsi que sur Youtube. « El Hayek reprend une partie du succès des Mesnaoua, Mhammed ya Wlidi, avec des apports du Gharnati, Hassani et de la musique indienne. Durant les trente années qu’a duré ma carrière, je n’ai jamais arrêté de faire de la musique, que ce soit en tant que compositeur, musicien ou chanteur, avec des studios ou sur scène », conclue-t-il. 

Hicham Houdaïfa 

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