IA : comment passer du potentiel à l’impact ?

Le 15 octobre à Casablanca, l’INSA Connect Forum 2026 a réuni dirigeants et experts autour d’une question : comment transformer le potentiel de l’intelligence artificielle en impact réel pour les entreprises et l’économie marocaine ? Pour le président de la CGEM, Mehdi Tazi, l’IA figure au cœur des priorités du Royaume, mais ses gains de productivité restent encore à concrétiser.

Le forum avait pour thème « L’IA au Maroc : du Potentiel à l’Impact » et était organisé en partenariat avec la CGEM, Deloitte et Palo Alto Networks. Il entendait porter le débat au-delà de la seule dimension technologique. Car si l’IA suscite un engouement certain, une question demeure : que rapporte-t-elle réellement aux entreprises ? En ouvrant les travaux, Mehdi Tazi a d’abord situé le Maroc dans cette chaîne de valeur. Où le Royaume peut-il se positionner ? Sur deux axes, selon lui. Le premier est le développement de data centers, adossés au potentiel solaire et éolien du pays. Le second est l’accompagnement des entreprises dans l’adoption de ces technologies.

L’IA tient-elle pour autant ses promesses ? Le président de la CGEM a nuancé l’enthousiasme ambiant. Il reconnaît que l’IA transforme déjà les métiers à forte composante intellectuelle et accroît les capacités individuelles. Mais les entreprises doivent encore convertir leurs investissements en gains de productivité et en économies réelles, à grande échelle. Dans ce sens, il a évoqué les travaux des commissions de la CGEM consacrées à l’innovation, à l’emploi, à la formation et à l’adaptation des ressources humaines aux mutations technologiques. Il a insisté sur le développement des compétences.

Comment passer de l’expérimentation à l’échelle ?

La réponse passe d’abord par le capital humain, estime Mohamed Bensaid, président de l’association Alumni INSA Maroc. Pour lui, l’IA s’inscrit dans une révolution technologique sans précédent, fondée avant tout sur les compétences. L’association fédère près de 1 900 anciens élèves marocains des écoles d’ingénieurs françaises INSA, au sein d’un réseau mondial d’environ 100 000 alumni. Elle entend mobiliser ces expertises au service de la souveraineté numérique du Maroc. Mohamed Bensaid a appelé décideurs et chefs d’entreprise à accélérer leur engagement dans l’économie de la connaissance. Encore faut-il encadrer ce déploiement. Imad Elbaraka, associé responsable de l’activité cybersécurité chez Deloitte, plaide pour un passage de l’expérimentation au déploiement à grande échelle. Il y met une condition : assurer une gouvernance adaptée et maîtriser les enjeux de confiance et de gestion des risques.

Le programme reflétait ces conditions. Deux keynotes et deux tables rondes de dirigeants ont abordé l’IA comme nouvelle frontière de la compétitivité marocaine. Elles ont ensuite traité du leadership, de l’organisation, des compétences et du passage à l’échelle. Pour enrichir le débat, trois ateliers étaient consacrés à la cybersécurité à l’ère de l’IA, aux agents d’IA et aux applications de l’IA au service de la croissance des entreprises.

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