À l’occasion de la publication de son rapport global sur le développement humain 2025, le PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) annonce que le Maroc est passé pour la première fois, selon ses critères, dans la catégorie des pays à développement humain élevé. En revanche, l’Indice de Développement Humain Ajusté aux Inégalités (IDHI) connait une régression.
« Entre 1990 et 2023, la valeur de l’IDH [Indice de Développement Humain, NDLR] est passée de 0,456 à 0,710, soit une progression de 55,7 % en l’espace de 35 ans. Cette amélioration reflète des avancées significatives dans les dimensions fondamentales du développement humain : santé, éducation et niveau de vie. Le rythme de croissance reste robuste, indiquant une transformation structurelle progressive des conditions de vie au Maroc », indique la note de synthèse concernant le Maroc du rapport global sur le développement humain 2025 du PNUD.
Le Royaume, qui se classe à la 120e position dans le classement mondial pour la deuxième année consécutive, a en effet franchi le seuil de 0,700 qui lui permet d’accéder à cette catégorie. Parmi les indicateurs sous-jacents qui ont connu une amélioration, l’espérance de vie à la naissance a augmenté de 10,5 années entre 1990 et 2023 et la durée moyenne de scolarité a progressé de 3,4 années.
En revanche, toujours selon la note de synthèse, l’Indice de Développement Humain Ajusté aux Inégalités (IDHI) a connu une régression : « Pour le Maroc, l’IDHI révèle une perte de 27,2 % en 2023, ce qui réduit l’IDH de 0,710 à 0,517. Cette perte significative indique que les inégalités dans la répartition de la santé, de l’éducation et des niveaux de vie sont importantes et affectent négativement le développement humain global du pays. »
Des efforts qui restent à accomplir pour réduire les inégalités
En ce qui concerne l’Indice d’Inégalité de Genre (GII), le Maroc se classe 113e sur 172 pays en 2023 avec un indice de 0,438 en amélioration. Le PNUD souligne toutefois « qu’il reste encore beaucoup à faire pour atteindre une égalité de genre plus substantielle. Les efforts doivent se concentrer sur la réduction des taux de mortalité maternelle, l’augmentation de la représentation des femmes dans les instances décisionnelles et l’amélioration de leur accès à l’éducation et au marché du travail. »
Quant à la pauvreté, la prévalence multidimensionnelle s’élève à 6,4 % de la population marocaine, soit environ 2,37 millions de personnes, tandis que la part des personnes proches du seuil de pauvreté, et donc vulnérables, s’établit à 10,9 %, soit 4,06 millions de personnes.
Autre indicateur, l’Indice de Développement Humain ajusté aux pressions planétaires (PHDI) intègre les émissions de CO₂ par habitant (liées à la production) et l’empreinte matérielle par habitant. Le PHDI du Maroc en 2023 est estimé à 0,679, soit un écart de 0,031 avec l’IDH. « Ce différentiel, bien qu’inférieur à celui observé dans certains pays fortement industrialisés, souligne néanmoins un impact environnemental significatif sur le niveau réel de développement humain du pays. En comparaison, cette valeur est proche de la moyenne mondiale de l’IDH (0,680), ce qui indique que le Maroc se situe à un point d’inflexion où les efforts de développement doivent désormais s’aligner plus étroitement avec les impératifs de durabilité », expliquent les auteurs.
Nadia Kabbaj
