Le point sur les ventes automobiles avec Adil Bennani, Président de l’Association des Importateurs de Véhicules au Maroc (AIVAM)
Les ventes de véhicules utilitaires ont récemment enregistré une évolution positive, selon les derniers chiffres communiqués par l’AIVAM. Quelle en est la raison ?
Les ventes de véhicules particuliers et utilitaires ont enregistré une évolution positive, et plusieurs facteurs expliquent cette tendance. Depuis le début de l’année, nous observons une croissance annuelle d’environ 6 %, alimentée par deux dynamiques principales : une croissance modérée des véhicules de tourisme, avec une progression d’environ 5 %, et une importante reprise du marché des utilitaires légers, qui affiche une croissance de 18 %. En ce qui concerne les utilitaires, cette reprise est avant tout un ajustement. En effet, le marché a fortement chuté en 2021, avec une baisse de plus de 25 % et nous sommes encore loin des niveaux d’avant crise. Cette dégradation était principalement due à l’augmentation des prix du carburant et à l’inflation des prix des véhicules qui ont conduit les clients à réduire leurs investissements, car ils n’étaient pas en mesure de répercuter ces augmentations sur les coûts de transport. Beaucoup ont donc repoussé leurs achats pendant la période post-Covid, mais aujourd’hui, ils retournent progressivement sur le marché pour renouveler leur flotte, qui avait vieilli de trois ou quatre ans. Cette tendance à la hausse devrait se poursuivre dans les mois à venir.
Qu’en est-il des véhicules de tourisme ?
Pour les véhicules de tourisme, la croissance est plus modérée, mais elle reste significative, notamment grâce à la forte demande pour les SUV, qui représentent l’un des segments les plus dynamiques, avec une croissance de 6 %. Un autre segment qui connaît une forte demande cette année est celui des citadines, qui a pris la tête du marché avec une croissance de 12 %. Enfin, les mini-citadines, en forte progression de 26 %, tirent également la croissance, surtout en raison des primo-accédants et des consommateurs qui, face à l’augmentation des prix, choisissent des modèles plus abordables. Cette évolution est aussi influencée par l’inflation qui pousse de nombreux acheteurs à se tourner vers des segments moins chers pour respecter leur budget.
Un autre facteur à prendre en compte est l’accès au crédit. Depuis le Covid, les conditions d’octroi de crédit se sont un peu durcies et le coût du crédit s’est renchéri avec l’augmentation des taux d’intérêt, mais elles commencent à se détendre, ce qui stimule de nouveau la consommation. Les ménages retrouvent ainsi un peu plus de flexibilité financière, ce qui se reflète dans la reprise des ventes.
Avec la croissance continue des ventes en 2024, quelles sont vos perspectives pour le moyen et long terme du marché de l’automobile au Maroc ?
D’ici la fin de l’année, je pense que nous devrions finir autour de 172 000 véhicules, ce qui nous ramène presque au niveau de 2021 (175 360 unités), un peu moins, mais pas encore au niveau de 2018. En 2018, nous avions atteint 177 357 véhicules, ce qui représentait un record. Nous serions donc encore à environ 3 % en dessous du record de 2018, ce qui indique que nous n’avons pas encore retrouvé un niveau normal. Cela suggère que le retour complet à la normale pourrait prendre encore un peu de temps. Probablement, l’année prochaine. 2025 devrait être une année de croissance, sous l’impulsion d’une activité économique en reprise.
Rida Ançari
