L’Université des Nations Unies (UNU) a publié fin octobre dernier un rapport qui élabore un nouveau concept : le point de bascule de risques. Celui-ci est défini par les auteurs comme le moment où un système socioécologique n’est plus capable de contenir les risques et d’assurer la fonction que l’on attend de lui. Après ce point, le risque d’effets catastrophiques augmente considérablement, indique le communiqué de presse qui accompagne la publication du rapport.
Le document identifie ainsi six de ces points de bascule de risques catastrophiques et alerte sur la menace qu’ils représentent : l’accélération des extinctions, l’assèchement des aquifères, la fonte des glaciers, les débris spatiaux, la chaleur insupportable et un avenir non soutenable. Par exemple, en ce qui concerne le risque d’accélération des extinctions, le rapport précise qu’une seule extinction peut en déclencher de nombreuses autres et mener à l’effondrement de tout un écosystème.
Et l’activité humaine a multiplié par 10 à 100 le rythme naturel d’extinctions. En matière de débris spatiaux, le point de bascule sera le moment où l’orbite terrestre sera tellement remplie de ces débris qu’une seule collision déclenchera une réaction en chaîne de collisions. L’orbite terrestre deviendrait alors inexploitable, ce qui menacerait la capacité d’utiliser des satellites et donc de bénéficier des nombreux services qu’ils rendent.
« En nous approchant de ces points de bascule, nous allons commencer à en constater les conséquences. Une fois qu’ils auront été franchis, il sera difficile de revenir en arrière », commente Jack O’Connor, l’un des auteurs et expert senior à l’UNU, cité dans le résumé. Les auteurs identifient deux types de réponses à apporter : le ciblage les causes des risques et les solutions d’adaptation pour mieux faire face aux effets négatifs de ces points de bascule.
