Le Siel, Salon international de l’édition et du livre se tient pour la deuxième fois consécutive à Rabat après 26 éditions historiques au sein de la Foire de Casablanca. Une 28e édition qui se déroule du 2 au 11 juin et où le choix de l’invité spécial s’est porté sur le Québec.
Cette année, il y a eu du monde au Salon du livre. Si l’on croit les chiffres du ministère de la Culture, ils ont été un peu plus de 60 000 visiteurs sur le Salon durant les quatre premiers jours, soit une augmentation de 8 % par rapport à la même période, lors de l’édition précédente. Et le public est très varié : des enfants accompagnés de leurs parents en quête de livres jeunesse, des chercheurs, des étudiants, écrivains…
Mernissi à l’honneur
Le Siel, qui s’étend cette année sur une superficie de plus de 14 000 m2 a connu la participation de plus de 700 exposants, directs et indirects, représentant 51 pays. Des centaines d’écrivains (661) marocains et étrangers ont également été de la partie, notamment des romanciers, poètes et essayistes. Des signatures sont programmées un peu partout sur les stands des maisons d’édition, des universités marocaines, mais aussi dans les grandes salles accueillant les invités de marque du Ministère de la Culture ou encore dans les espaces du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) et du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME).
« Cette année nous avons remarqué, un plus grand effort fourni par le ministère en ce qui concerne la programmation », nous confie Dominique Nouiga, cofondatrice de la maison d’édition Nouiga. Autre nouveauté, et pas des moindres, de ce Siel 2023 : la mise en place d’un espace dédié à la sociologue marocaine Fatema Mernissi. Une sorte de prolongement du travail réalisé depuis 2016 par la Chaire Fatema Mernissi, une initiative conjointe de l’école HEM et de l’Université Mohammed V de Rabat. « Grâce à l’offre du ministère de la Culture qui a sponsorisé ce stand, nous avons mis à la disposition du public une série de matériaux, dont un podcast, afin de faire entendre les idées et l’œuvre de Fatema Mernissi », nous explique Driss Ksikes, Coordinateur de la Chaire Fatema Mernissi.
Un Goncourt marocain…
Comme à chaque Siel, l’Ambassade de France au Maroc a concocté une programmation spéciale portée par l’Institut français au Maroc (IFM), avec comme invités, les Editions Actes Sud et sa collection Sindbad qui fête cette année, ses cinquante ans. Littératures arabophone et francophone ont été à l’honneur du programme du Pavillon France avec la participation d’une dizaine d’éditeurs marocains francophones indépendants. Des rencontres hors des murs ont également été au rendez-vous et animées par des auteurs de renom à l’image de Yasmine Chami, Roland Gori, Nancy Huston, In Koli Jean Bofane, Charles Berberian et Frànçois Atlas. Cette édition de 2023 a également connu le lancement de la première édition du Choix Goncourt du Maroc en partenariat avec l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) et le réseau des médiathèques de l’IFM. Un choix qui s’est porté sur l’écrivain haïtien Makenzy Orcel pour son roman « Une somme humaine ». La proclamation du résultat s’est faite en présence de Françoise Chandernagor, membre de l’Académie Goncourt et écrivaine ainsi que Lamia Berrada Berca, écrivaine et marraine de cette première édition.
Younes Baâmrani
