Tourisme : Le Maroc muscle son offensive sur le marché français

Ce lundi 14 septembre à Paris, à la veille de l’ouverture du salon IFTM Top Resa (15-17 septembre), le Directeur Général de l’Office national marocain du tourisme (ONMT), Achraf Fayda, a présenté devant un large panel de médias français la nouvelle stratégie de l’Office sur son premier marché émetteur. L’objectif : transformer l’engouement des Français pour le Maroc en flux touristiques supplémentaires, mieux répartis sur l’ensemble du territoire.

Un marché déjà dominant, mais encore sous-exploité

La France n’est pas un marché comme les autres pour le tourisme marocain. Elle en reste, et de loin, le premier bassin émetteur : selon les derniers chiffres de l’Observatoire du tourisme, elle a représenté 29 % des arrivées touristiques internationales au Maroc sur les quatre premiers mois de 2026, avec près de 1,73 million d’arrivées, en hausse de 9 % sur un an. Une position consolidée par une année 2025 déjà record pour le Royaume, avec près de 20 millions de touristes accueillis et 138 milliards de dirhams de recettes en devises.

C’est précisément cette marge de progression que l’ONMT veut désormais exploiter. Car si la France pèse lourd dans les volumes, la fréquentation reste concentrée sur un nombre limité de destinations et de profils de voyageurs. « Notre enjeu est d’être là où se trouvent les voyageurs français. Le potentiel ne se limite pas à Paris et aux grandes métropoles. Le développement des liaisons depuis les villes de province crée de nouvelles opportunités pour le Maroc et pour l’ensemble de ses régions », a expliqué M. Fayda, cité dans le communiqué de l’ONMT.

La connectivité aérienne, nerf de la bataille

Le premier levier de cette offensive est aérien. La saison hiver 2026-2027 verra se multiplier les liaisons point-à-point entre la France et le Maroc, avec un développement particulièrement marqué au départ des villes de province françaises, et non plus seulement depuis Paris. Une stratégie logique : en rapprochant directement les territoires français des différentes régions marocaines, l’ONMT espère élargir son bassin de voyageurs potentiels au-delà des habitués de la destination, tout en captant de nouveaux marchés régionaux français jusqu’ici peu sollicités.

Ce pari sur la connectivité s’inscrit dans une dynamique déjà à l’œuvre depuis plusieurs saisons, portée par l’ouverture de nouvelles routes aériennes de Royal Air Maroc et des compagnies low-cost, dans le sillage de la feuille de route touristique 2023-2026 et de l’objectif de 26 millions de visiteurs à l’horizon 2030 – un cap d’autant plus stratégique que le Maroc coorganisera la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal.

Sortir du triptyque Marrakech-Agadir-Casablanca

Au-delà du transport, l’ONMT veut aussi faire évoluer l’image même de la destination. Fini le Maroc résumé à ses stations balnéaires et à ses villes impériales les plus connues : lors de sa rencontre avec la presse française, Achraf Fayda a mis en avant les atouts de l’ensemble des régions du Royaume, avec l’ambition de faire émerger un « Maroc pluriel », riche de territoires et d’expériences encore peu explorés par les touristes français.

L’expérience devient ainsi le fil conducteur de la nouvelle approche promotionnelle de l’Office, avec un double objectif : donner aux Français davantage de raisons de choisir le Maroc, mais aussi de multiplier les séjours et les découvertes au sein d’une même destination plutôt que de se limiter à un aller-retour ponctuel.

Une stratégie à quatre dimensions

À l’approche d’IFTM Top Resa – qui devrait réunir cette année plus de 30 000 professionnels et 170 destinations à Paris Porte de Versailles -, l’ONMT passe donc à la vitesse supérieure sur son marché historique, en combinant quatre leviers : renforcement des partenariats avec les prescripteurs du voyage français, développement de la connectivité aérienne, diversification territoriale de l’offre et valorisation de l’expérience touristique. Une offensive à 360 degrés dont l’ambition est claire : faire du premier marché émetteur du Royaume un moteur encore plus puissant de sa croissance touristique, dans la dernière ligne droite avant le Mondial 2030.

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