L’UE décide une (légère) restriction sur les importations de produits agricoles venant d’Ukraine

À la suite de l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, l’Union européenne avait décidé de supprimer tous les droits de douane appliqués aux importations de produits agricoles venant d’Ukraine. Les Ving-Sept marquaient ainsi leur soutien à Kiev, notamment à son important secteur agricole. Plusieurs États de l’UE, dont la France, sont néanmoins confrontés depuis quelques mois à un mouvement de contestation de leurs agriculteurs qui estiment que leurs conditions de vie et de travail se sont fortement dégradées ces dernières années. Certains agriculteurs pointent du doigt les importations de produits agricoles ukrainiens, dont les prix sont souvent moins élevés. Alors que l’Union européenne doit renouveler les mesures en faveur des produits agricoles ukrainiens, plusieurs pays, dont la France, la Pologne, ou encore la Hongrie, ont milité pour renforcer la protection du secteur agricole européen. D’autres poussaient au contraire pour conserver un régime très favorable à Kiev. Les États-Membres et le Parlement européen se sont mis d’accord fin mars pour prolonger le régime d’exception décidé en faveur des produits agricoles ukrainiens jusqu’en 2025, tout en introduisant quelques restrictions. Les importations venant d’Ukraine exemptées de droits de douane seront désormais plafonnées pour certains produits considérés comme sensibles. C’est le cas du poulet, des œufs, du sucre, de l’avoine, du maïs, ou encore du miel. Le plafonnement sera calculé en fonction d’une moyenne des importations d’Ukraine au second semestre 2021 et sur l’ensemble des années 2022 et 2023. Ce plafonnement ne concernera pas, en revanche, le blé, comme le réclamaient plusieurs pays. Aussi, la Commission européenne pourra adopter des « mesures de sauvegarde » en cas de « perturbation importante » du marché. Cet accord doit encore être formellement entériné par le Parlement européen.

Articles à la une