L’heure n’est plus à l’optimisme relatif. Dans ses prévisions dévoilées en janvier, le Fonds Monétaire International (FMI) anticipait un freinage de l’inflation, donnant un bol d’air à l’économie mondiale. « Les signes timides du début de l’année 2023 qui donnaient à penser que l’économie mondiale pourrait atterrir en douceur à la faveur d’un ralentissement de l’inflation et d’une croissance régulière se sont estompés, dans un contexte marqué par une inflation obstinément élevée et, plus récemment, les perturbations du secteur financier », estime cette fois le FMI dans le résumé de ses dernières perspectives économiques mondiales publiées en avril. Sa prévision pour la croissance mondiale est ainsi légèrement abaissée, de 2,9 % à 2,8 %. L’institution constate tout de même une diminution de l’inflation sous l’effet des hausses des taux d’intérêt des banques et du recul des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, mais relève que les « pressions sous-jacentes sur les prix se révèlent tenaces ». Le Fonds s’inquiète également de la fragilisation du secteur financier, due notamment à cette hausse des taux, alors que plusieurs banques américaines, dont la SVB, ont fait faillite ces dernières semaines et que le Credit Suisse, en difficulté, a été racheté par UBS. Il anticipe ainsi en 2024 une croissance de 3 %, qui devrait être la moyenne pour les cinq prochaines années, « ce qui représente les prévisions à moyen terme les plus pessimistes depuis plusieurs décennies ». Afin d’améliorer ces perspectives, le FMI défend, entre autres, la poursuite de politiques monétaires restrictives et recommande une aide ciblée aux personnes les plus touchées par l’augmentation du coût de la vie. Pour le Maroc, le FMI s’attend à une croissance de 3 % en 2023 et 3,1 % en 2024.
